Haut Royaume T1 de Pierre Pevel

Puisque le tome 2 doit sortir en novembre, je reprends ici ma chronique de ce Pierre Pevel qui était impatiemment attendu depuis ma lecture des Lames du Cardinal.

Pour la première fois, l’écrivain a délaissé les cadres historiques dont il est habituellement friand pour s’aventurer dans un royaume totalement imaginaire. S’il peuplait le Paris de Louis XIII de dracs et de dragons, celui de la Belle Epoque grouillait de gargouilles et de magiciens, tandis que Wielsdadt abritait une fée, des goules et autres démons terrifiants.

Ceux qui, comme moi, regretteraient un peu ce nouveau virage pourront se sentir rassurés à la lecture : ce haut-royaume semble familier, non seulement par sa configuration géographique et ses paysages mais aussi grâce à son contexte historique. Chaque tête de chapitre est un fragment des chroniques du royaume, et l’action se situe en 1547 (le lecteur retrouve donc des figures classiques, hommes d’épée, chevaliers, ducs, forgerons… mais aussi quelques créatures déjà croisées dans Les Lames du cardinal). Qui plus est, Pevel garde toujours son esprit Dumasien, et il me semble que l’influence du Comte de Monte-Cristo se fait sentir dès le départ.

Il est en effet question de complot et de vengeance dans cet excellent roman. Le principal héros, Lorn, injustement emprisonné, ne vit que pour se venger depuis qu’il a été libéré de sa geôle. On retrouve le souffle épique des romans de Pierre Pevel, ça ferraille et ça bataille dur, les intrigues politiques, les luttes de pouvoirs sont inévitables, les actes de bravoure, les trahisons et les révélations s’enchainent.

Lorn n’est pas un héros totalement solitaire, il est entouré de plusieurs personnages secondaires fort intéressants, quoique présentés un peu trop sommairement pour certains. A l’image des Lames du Cardinal en quelque sorte. La garde d’Onyx, Alan le prince, l’ami d’enfance, le noble Enzio… tous permettent à Lorn d’acquérir une véritable dimension humaine.

Mais que serait un roman de Pierre Pevel sans sa célèbre marque de fabrique ? Je ne trahis pas l’auteur si je mentionne des dragons, ils sont présents dans toutes ses oeuvres.

L’atmosphère de ce Haut-Royaume se rapproche davantage de la trilogie Wielsdadt. Sombre et sanglante. La violence de certains passages, le langage un peu grossier parfois (et auquel Pierre Pevel ne nous a pas habitués ! ) marquent peut-être un tournant dans l’oeuvre de l’écrivain. J’en veux pour preuve l’horrible fin de ce premier volume. Je me suis d’ailleurs étranglée en buvant mon thé à la lecture des dernières lignes ! Pierre Pevel a le don de clore un roman sur une note à laquelle on ne s’attendait pas du tout ! haut royaume

Voilà, la magie Pevel a de nouveau opéré. Il a su construire les bases d’un royaume imaginaire que l’on prend plaisir à découvrir, créer un héros comme je les aime, avec sa part d’ombre et la fatalité qui lui colle à la peau, et surtout, il sait parfaitement comment harponner son lecteur. Impossible de lâcher le roman avant la fin !

Cela ne surprendra personne si je dis que c’est un coup de coeur ?

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