Les émotions d’un perdreau rouge (Alphonse Daudet)

les-emotions-d-un-perdreau-rouge-albums-du-pere-castor-de-alphonse-daudet-983597360_ML

C’est en faisant un énième tri dans mes cartons que je retrouve ce délicieux livre qui a marqué mon enfance. Et qui m’a fait pleurer.
Un jour, il faudra que je m’attelle à un billet sur tous les livres d’animaux qui m’ont marquée durant l’enfance et l’adolescence, des Mémoires d’un âne à l’Appel de la forêt…
Donc disais-je, je retrouve cette touchante histoire, un album du père Castor qui ne semble plus réédité par Flammarion. Je pense qu’on peut encore le trouver d’occasion, et peut-être même que certaines bibliothèques peuvent l’avoir conservé.
Rouget est un perdreau qui appartient à une compagnie (c’est comme cela qu’on nomme une bande de perdreaux ou perdrix) et fait son apprentissage dans la nature avec un vieux coq sage et expérimenté. Heureusement pour lui, car c’est le jour d’ouverture de la chasse et il faudra bien toute la ruse du vieux coq pour échapper aux chasseurs. L’histoire est très courte, l’album contient beaucoup de belles illustrations. J’avais suivi, très angoissée, les aventures de Rouget en priant pour qu’il ne soit pas tué.
Voici un extrait de ce petit livre qui révèle bien mieux qu’un beau discours les sentiments de Daudet sur la chasse. Et en ces temps curieux où les chasseurs font de la propagande dans les écoles pour sauvegarder leur loisir, il est bon de se rappeler que chasser c’est tuer, c’est supprimer des vies animales (et même humaines accessoirement). Oh je sais, aujourd’hui on ne dit pas tuer mais prélever et gérer. Les mots ont un étrange pouvoir ne trouvez-vous pas ?

« Alors nous revînmes tout doucement vers la plaine, pour avoir des nouvelles de notre compagnie. En passant devant la petite maison du bois, je vis quelque chose d’épouvantable, Au rebord d’un fossé, les lièvres au poil roux, les petits lapins gris à queue blanche, gisaient à côté des uns des autres. C’étaient des petites pattes jointes par la mort, qui avaient l’air de demander grâce, des yeux voilés qui semblaient pleurer ; puis des perdrix rouges, des perdreaux gris, qui avaient le fer à cheval comme mon camarade, et des jeunes de cette année qui avaient encore comme moi du duvet sous leurs plumes. Savez-vous rien de plus triste qu’un oiseau mort ? C’est si vivant, des ailes !
De les voir repliées et froides, ça fait frémir… Un grand chevreuil superbe et calme paraissait endormi, sa petite langue rose dépassant la bouche comme pour lécher encore.
Et les chasseurs étaient là, penchés sur cette tuerie, comptant et tirant vers leurs carniers les pattes sanglantes, les ailes déchirées sans respect pour toutes ces blessures fraîches. »

Publicités
Catégories : Avec ou sans pattes | Poster un commentaire

Navigation des articles

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :