Mythologie des arbres (Jacques Brosse)

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Jacques Brosse, décédé en 2008, était à la fois un historien, naturaliste et ethnologue, essentiellement fasciné par les arbres. Cet ouvrage est réellement passionnant et m’a permis d’en savoir beaucoup plus sur le statut privilégié de certains arbres, de leur place dans notre culture et notre imaginaire. On y retrouve des épisodes parfois oubliés de la vie des dieux de l’Olympe, et quantité de belles histoires qui témoignent de la richesse et de la diversité des mythes accolés aux arbres.

L’auteur balaie diverses époques et plusieurs civilisations : Grecs, Germains, Romains, Gaulois, peuples nordique… évoquant aussi bien le destin d’Odin, pendu à un arbre, que l’histoire de Merlin et Viviane, une grande partie de la mythologie grecque et bien d’autres sources. J’ai retrouvé quelques lignes sur la Mesnie Hellequin, la fameuse Armée furieuse de Fred Vargas, et surtout des passages relatifs à des bois sacrés qui m’ont immanquablement rappelée les Ents de Tolkien.

Il est facile de comprendre l’intérêt suscité par les arbres, avant et même au-delà de l’ère chrétienne. L’utilisation des bois et écorces, la cueillette des fruits, les propriétés de certaines parties (feuilles, bourgeons) qui entraient dans la fabrication de remèdes, autant de bénéfices apportés aux hommes qui, en signe de gratitude, octroyaient une place de choix à l’arbre. C’était le temps des célébrations et des cultes, des forêts peuplées de dieux et de nymphes, tout ceci participant d’une réelle communion avec la nature, même dans ce qu’elle avait de plus primitif car nombre de cultes ne se déroulaient pas sans sacrifices et certains bois sacrés inspiraient une terreur bien compréhensible à un peuple ennemi.

« Au sacrifice des arbres qui donnaient aux hommes tout d’eux-mêmes, devait nécessairement correspondre l’immolation de la victime humaine ».

Et puis ce paganisme parfois joyeux, parfois sanglant, dû laisser la place à une religion monothéiste qui tel un rouleau compresseur, écrasa toute manifestation de respect envers la nature et les arbres. Cet anthopocentrisme forcené nous a séparé non seulement des végétaux mais aussi de toutes les autres créatures non humaines. Dans sa brève mais poignante conclusion, Jacques Brosse, faisant référence à Claude Levi-Strauss, s’en désole et nous met en garde. « Parce qu’il l’a perdue (la nature), l’homme aujourd’hui la détruit et par là se condamne ».

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