Le paysage de la forêt (William Gilpin)

gilpin

Joël Cornuault, qui est aussi auteur, éditeur et libraire à Vichy, est le traducteur de cet ouvrage. C’est la maison d’éditions Premières Pierres qui a eu la bonne idée de publier des extraits de cet essai qui comportait en réalité 2 volumes. Le même homme a également traduit d’autres naturalistes comme John Burroughs, et a permis de redécouvrir Elisée Reclus, toujours aux éditions Premières Pierres. Je ne peux que me réjouir de ces initiatives, et espérer que d’autres titres enrichiront leur catalogue.

Quant à ce texte, voici ce qu’en dit – en partie – l’éditeur : »Voilà le sujet du Paysage de la forêt, paru en 1791 et dont aucun chapitre n’avait encore été traduit en français. Son auteur, l’Anglais (1724-1804), était à la fois peintre, voyageur et théoricien de l’esthétique. Surtout, il fut l’un des premiers Européens à reconnaître aux formes irrégulières et noueuses de la nature, tout comme aux paysages accidentés, une beauté particulière, en rupture conceptions classiques : la beauté pittoresque. Il se démarquait ainsi d’un certain rationalisme conquérant, dont le jardin à la française, obsédé d’ordre géométrique, avait été l’expression achevée. » […].

Quoi de plus rafraîchissant qu’un homme du XVIIIème siècle qui s’élève contre le profit et l’utilité économique des forêts, lui qui a assisté aux ravages (et oui, déjà) causés aux forêts anglaises par ces funestes lois du commerce. Certes, certains de ses contemporains – et même bien après lui – ont pu moquer cette recherche incessante du pittoresque, mais lu par Thoreau lui-même, cet ouvrage influença considérablement le courant Romantique Américain.

Gilpin défend le pin sylvestre, souligne la beauté du hêtre, reste admiratif devant un chêne (et en n’importe quelle saison), met en garde contre les trop nombreux ornements qui parsèment les grands parcs et jardins. Il aime un arbre dont les racines sortent un peu du sol, il se soucie des détails, s’extasie devant l’impression générale, constate avec regret les changements opérés dans les paysages forestiers.

Ce qui m’a fascinée chez cet auteur, c’est son affection pour tout ce qui est irrégulier, imparfait aux yeux des hommes : des branches tordues, un tronc rugueux, car comme il le souligne « toutes les formes non naturelles sont déplaisantes » ! Avis aux amateurs de silhouettes géométriques…

Je n’oserai pas le qualifier d’écologiste avant l’heure, mais ses textes sont loin d’être démodés et devraient bien être lus par les propriétaires privés de forêt chez nous.

Une bien belle découverte (et une bien belle traduction) que je recommande chaudement.

Tandis que la forêt méprise la culture par l’homme. Seule la nature pose sur elle sa main. La forêt, comme tout autre beau paysage, plaît à l’oeil ; mais son grand effet est de soulever l’imagination.

Publicités
Catégories : L'arbre qui cache la forêt | 2 Commentaires

Navigation des articles

2 réflexions sur “Le paysage de la forêt (William Gilpin)

  1. keisha41

    Tu as toujours de vraies trouvailles, je suis baba!

    J'aime

    • Je ne me souviens plus du tout comment je suis tombée dessus… Je me demande si ce n’est pas en regardant Becoming Jane ? Pfff, la mémoire me joue des tours en ce moment…

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :