L’héritier/Haut-Royaume T2 de Pierre Pevel

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Hiver 1547, l’histoire du Haut-Royaume s’ouvre sur des funérailles. Le ton est donné, le récit ne sera qu’une succession de duels, batailles, trahisons, meurtres. La guerre s’approche, l’espoir s’amenuise.
La santé de plus en plus mauvaise du roi laisse espérer une fin prochaine à ses adversaires et ennemis, de sorte que la protection, dont bénéficie le premier chevalier devient elle aussi précaire.

C’est un récit qui prend son temps car le jeu des alliances politiques sera probablement déterminant dans les prochains volumes, et il faut bien en établir les bases pour en saisir tous les enjeux. Une incursion dans l’univers Dumasien car les manigances politiques y sont nombreuses. La division commence à régner entre les royaumes.
Notre héros quant à lui, penche sérieusement du côté obscur de la Force. Pas facile en effet d’échapper à son destin, surtout si celui-ci est dicté par une Dragon tutélaire.

Certains personnages, comme le prince Alan ou Alissia, prennent du relief, mais tous gravitent autour de l’étoile noire, incarnée par Lorn. Ce dernier bénéficie d’un traitement de choix. Personnalité fouillée, complexe, ce héros pevelien intrigue toujours autant. Ses actes (c’est un tueur sans pitié et redoutable, qui ne suscite pas toujours la sympahie) et décisions pèsent lourdement sur l’avenir de tous ceux qui lui sont proches. Heureusement, Lorn n’est pas totalement seul dans sa quête, et à l’instar des Trois mousquetaires, je trouve que l’écrivain n’est jamais meilleur que lorsqu’il privilégie les relations d’amitiés unissant un petit groupe d’hommes. Les survivants de la garde d’Onyx sont diablement attachants et cette fraternité réchauffe le coeur car l’atmosphère générale du roman ressemble à cette pluie grise et glaçante qui tombe continuellement sur la Citadelle. Elle démoralise.

Il n’est de guerre juste que celle que la sagesse des hommes sait éviter. Car pour quelque raison que l’on brandisse les bannières et lève les armées, le crime commence à la première larme, au premier cri, au premier sang versé.

La bonne surprise de ce roman, c’est le prince Yrdel, le demi-frère d’Aldéran, dont la personnalité prend un tour des plus intéressants.
Les histoires d’amour en revanche ne sont pas le principal atout de Pierre Pevel, ce qui n’est pas bien grave, car ce n’est pas ce que je recherche dans un roman de fantasy. Pierre Pevel excelle aussi à restituer l’atmosphère d’un lieu et d’une époque passée. Mais comme beaucoup de lecteurs, j’ai regretté l’absence d’une carte du Royaume. En parlant de carte, je songe à Tolkien. Et pas seulement à cause de la géographie de ce monde imaginaire. Il m’a semblé déceler des références, ici et là, dont une épée qui fut brisée…

Pour autant, n’allez pas croire que ce second tome doit tout à Dumas et Tolkien. Pierre Pevel possède sa propre puissance d’imagination et sa griffe caractéristique, qui le rend unique.  Dans ce très bon second volet, le lecteur se régalera de courses-poursuites bien angoissantes, rencontrera des créatures répugnantes, mais retrouvera avec grand plaisir des figures familières de l’oeuvre de l’écrivain, comme les dracs et les vyvernes. Le récit étant plus complexe, le lecteur se trouve confronté à un certain nombre de questions : quel est le mystère qui entoure le Chevalier à l’épée (et d’ailleurs est-ce bien celui auquel je pense ?). Qui est le Prince Noir ?

J’avais écrit que le premier tome se terminait sur un événement horrible qui ne pouvait qu’inciter le lecteur à se précipiter sur la suite. L’Héritier n’échappe pas à cette règle. La révélation finale, à laquelle je ne m’attendais point, me donne une furieuse envie d’un troisième volume. Le temps risque de paraitre bien long d’ici la prochaine parution…

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