No steak (Aymeric Caron)

9782213661537-X

Aymeric Caron est un journaliste un peu particulier. Il est végétarien, et ça ne doit pas courir les rues dans sa profession. Il a écrit un essai bien sympathique et très accessible, quoique parfois un peu fourre-tout qui a deux mérites à mes yeux : d’abord, il part d’une expérience personnelle ce qui me l’a rendu très sympathique. La plupart des constats et anecdotes qu’il relate, tout végétarien les a vécus à un moment ou à un autre. Moi en tout cas, je me suis reconnue dans pas mal de situations. Cela permet au lecteur non-végétarien d’avoir une idée de ce que sont réellement les végétariens. Et non, nous se sommes pas les adeptes d’une vaste secte 🙂

Ensuite, Aymeric Caron ne se contente pas d’aborder les raisons écologiques ou économiques qui appuient la conversion au végétarisme. Il parle aussi des animaux. Cela parait un peu idiot, écrit comme ça, mais c’est quand même l’élément central de la conversion au végétarisme.

Outre le fait de voir enfin l’animal derrière le morceau de viande, et ses conditions d’élevage et d’abattage, on entrevoit aussi la dimension éthique et philosophique du débat. Est-ce moral de manger un animal ? Et pourquoi tel animal plutôt qu’un autre ?

Une anecdote, et Caron en parle aussi dans son bouquin, à propos de « voir » la viande : quand j’étais petite, la boucherie de la rue principale de ma commune affichait volontiers le cadavre d’un sanglier accroché au fronton de la boutique, quand ce n’était pas une tête de veau ou de porc. Une vision qui a été déterminante dans mon choix d’alimentation. De nos jours, on ne voit quasiment plus ce type de scènes  devant une boucherie. Pourquoi ? Parce que le cadavre, le sang qui s’égoutte encore de la bête abattue, dégoûte et n’incite pas à consommer. C’est bien plus confortable d’acheter son jambon sous cellophane…

Vous apprendrez également ce qui sépare un végétarien d’un végan et la façon dont on peut modifier son mode de vie en respectant les autres créatures vivantes. On passe par différents stade du type : j’ai cessé de manger de la viande, puis plus tard, j’ai arrêté le poisson; Ok, mais je continue à mange du fromage, du lait, des oeufs. Des oeufs de poule élevées en plein air, évidemment. Et puisque j’ai bonne conscience, je mange du fromage bio. C’est bien. Mais comment la vache ou la brebis donne-t-elle du lait, bio ou pas ? En a-t-elle assez pour son petit et pour l’éleveur qui prélève son quota ? Que devient la vache qui ne produit plus assez de lait ? pourquoi sépare-t-on aussi tôt le petit de sa mère ?

Une fois qu’on se pose toutes ces questions, et qu’on trouve les réponses, on se dit, ben finalement, je vais me passer du fromage…

Vous allez me dire, c’est un peu plombant comme constat, mais le propos de Caron est de faire réfléchir, pas forcément de culpabiliser.

C’est surtout un livre qui décomplexe le végétarien et qui ne classe pas l’amateur de viande parmi les « méchants ». Faites selon votre conscience. Vous avez toutes les informations possibles à portée de main (l’essai se réfère parfois à Bidoche de fabrice Nicolino ou Faut-il manger les animaux de Jonathan Safran Foer, deux autres lectures indispensables à mon humble avis), alors c’est à vous de décider.

j’ajouterai une dernière chose : le petit plus de cet essai, c’est que son auteur évoque des anecdotes personnelles, parle de quelque chose qu’il connait intimement, étant lui-même végétarien. Ce n’est pas le cas de Fabrice Nicolino qui continue à manger de la viande, issue d’élevages respectueux des animaux (enfin, il faut les repérer et les connaître…) ni de Foer qui alterne les deux modes de vie selon ses convictions du moment. Pour autant, Caron ne se pose pas en défenseur de la cause végétarienne, et son essai ne manque pas d’humour.

P.S. : le livre est sorti en poche, chez J’ai Lu.

 

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4 réflexions sur “No steak (Aymeric Caron)

  1. keisha41

    Voui voui. Renoncer au fromage? Là ce serait très très difficile! Et quel est le substitut? (parce que j’ai des petits os fragiles quand même)
    (pour la viande je sais qu’il existe des façons saines de contourner)(faudrait que je lise ces bouquins quand même)

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    • Je réfléchis à cette histoire de fromage. Il y a plein de choses qui ont l’air appétissantes sur les sites de ventes spécialisées; Reste plus qu’à goûter 🙂 Quant au calcium, je vais voir comment compenser. Certains laits de soja en contiennent je crois. Pfff, pas facile d’être vegan apparemment.

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  2. Je vais lire ce bouquin, car j’essaie justement de me passer de viande. Je dis j’essaie car j’avoue qu’une bonne viande grillé me donne l’eau à la bouche. J’y vais en douceur car je fais de l’anémie sévère et mon médecin me recommande d’en manger + 😦 Par contre je ne crois pas que je pourrais me passer de poisson et encore moins de fromage. Pour le lait et les yaourts no Pb Le lait végétal est mon ami 🙂

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    • c’est bien déjà d’entamer la démarche; Un petit conseil : les jours où tu ne manges pas de viande, à chaque repas, associe toujours une légumineuse et une céréale pour avoir le plein de protéines, et bien sûr, légumes verts à volonté. Et pour le poisson, si tu vas sur le site de certaines ONG type Greenpeace, tu as la liste des poissons à éviter car surpêchés et trop rares. (j’ai chroniqué le bouquin de Taras Grescoe que je te conseille, une mine d’info sur la surexploitation hialeutique).
      Bon courage à toi :-))

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