L’homme malade de lui-même de Bernard Swynghedaw

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L’auteur de ce livre était l’un des professeurs de l’UVED grâce auquel j’ai suivi un MOOC sur la biodiversité il y a quelques mois. Le thème de son cours m’ayant plu, la lecture de son ouvrage me paraissait nécessaire. Mon billet a également été publié sur le site de l’association pour laquelle je suis bénévole.

Voici donc un essai passionnant qui explore les liens unissant notre santé à la biodiversité et au changement climatique. Certes, et ce n’est pas nouveau, quelques auteurs, de Dominique Belpomme à Fabrice Nicolino, ont déjà démontré que l’augmentation ou l’apparition de maladies pouvaient être expliquées avec l’ère industrielle et l’émergence de nouveaux produits chimiques dont on découvre, bien des années après leur mise sur le marché, qu’ils ont des effets néfastes sur la nature et notre propre santé.

L’originalité du propos de l’auteur, qui peut semble parfois un peu compliqué pour le non scientifique, c’est de relier ces phénomènes à la perte ou à la destruction de la biodiversité. Il ne s’agit pas seulement de constater que la dégradation des écosystèmes fragilise aussi notre santé, par des systèmes simples à comprendre (l’ingestion de produits chimiques par l’eau ou l’air impacte évidemment la santé humaine, les déchets qui polluent les océans, la déforestation qui permet à certains insectes de propager plus rapidement des maladies…) mais de prendre également en compte tous les facteurs, comme le changement climatique (notre métabolisme s’adapte mal aux variations climatiques qui surviennent trop rapidement) ou l’importance du monde microbien. L’auteur décrit certains faits connus comme la résistance aux antibiotiques, et leurs effets secondaires, la multiplication des allergies, mais aussi des phénomènes dont le simple lecteur, comme moi, peut être totalement ignorant. Songez que que les infections dentaires sont un facteur de risques de l’infarctus du myocarde ! De même, il existe « une relation indirecte entre le microbiote intestinal et l’hypertension artérielle ». N’oublions pas qu’en 60 ans, 300 maladies infectieuses nouvelles sont apparues chez l’homme.

S’il ne fallait retenir que deux informations de cet excellent ouvrage, je choisirai celles-ci : notre corps n’a pas la possibilité de s’adapter à tous ces changements qui nous affectent, touchant notamment le climat et l’augmentation non contrôlée de composants chimiques dans notre environnement. « L’évolution de la biodiversité bactérienne sous l’influence de l’activité humaine » est encore mal connue mais des changements sont d’ores et déjà répertoriés. Ainsi, nous sommes tous liés, des microbes qui peuplent nos corps à ceux du sol, de sorte que chaque atteinte à la biodiversité se répercute sur notre santé. Si tous les dirigeants de tous les pays avaient le réflexe de penser : santé du sol = santé du corps humain, imaginez comme la vie serait différente…

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