Avant toi de Jojo Moyes

Je vais parler d’un roman qui, bien que populaire dans sa catégorie, va détonner quelque peu sur mon blog. Autant j’aime voir des comédies romantiques au ciné, voire même des mélos (encore que je ne me souviens pas avoir vu un vrai mélo depuis Love story avec Ali McGraw et Ryan O’Neal, imaginez comme ça date !!!) autant je les déteste en littérature car souvent mal écrits ou mal traduits et bourrés de clichés. Des clichés qui passent mieux à l‘écran pour peu que l’acteur principal me plaise suffisamment (oui, j’avoue).

Ce long détour pour vous dire que, à priori, rien ne me prédisposait à lire Avant toi de Jojo Moyes.
Mais vous connaissez les petits hasards de la vie… on me passe il y a quelques jours une très belle chanson affreusement triste qui m’émeut fort, en me disant qu’elle fait partie de la bande-son du film Before you, lui-même adapté d’un roman. Curieuse, je visionne donc la bande-annonce. Laquelle me plait instantanément. Je pense évidemment à une version d’Intouchables teintée de romantisme, et je me dis « pourquoi pas ». Ensuite, je vais lire sur Babelio les avis sur le roman, presque tous unanimes d’ailleurs. Mais c’est celui de Gwen21 qui a fait tilt. Un tel enthousiasme teinté d’émotion, surtout de sa part, a soulevé plus que de la curiosité.

Et donc, sans plus hésiter, j’ai filé acheter le roman en poche.

Que dire à part que c’est un gros, gros coup de cœur ? Je crois bien que j’ai dû sangloter pendant une bonne partie de ma lecture, d’ailleurs j’ai lu le roman d’une traite, au cours de la nuit. Le matin je suis arrivée au bureau avec le moral en berne et des yeux explosés, c’était joli à voir !

Le personnage de Will, le jeune homme tétraplégique m’a bien sûr énormément touchée, de même que celui de la pétillante aide-soignante, Lou, aux tenues improbables et à la bonne humeur contagieuse. Nos deux héros bataillent chacun à leur façon contre un destin tout tracé, et on pourrait se dire que le roman n’est pas exempt de ces fameux clichés : le type hyper-brillant et sportif, riche, désormais coincé dans son fauteuil roulant, qui, devenu aigri et sarcastique, mène la vie dure à la pauvre Lou, celle qui fait partie des « invisibles », issue d’un milieu bien modeste, ne sachant pas quoi faire de sa vie et allant de petit boulot en petit boulot. Il est cultivé, elle n’a jamais bougé de sa ville natale, ils vont se découvrir et s’aider, se compléter.

Mais le roman est tellement plus intelligent que ça… Jojo Moyes, par petites touches, nous conte bien des choses, met le doigt où ça fait mal, évoque aussi un problème de société tabou qui déchaine bien des passions – le droit de disposer de sa vie et de choisir sa mort et de la faire accepter par ses proches – de manière sensible et délicate. A travers les yeux de Lou, on se rend compte de la difficulté à vivre au jour le jour quand on est handicapé, tant de lieux encore non adaptés et forcément inaccessibles, les petites aspérités du quotidien, les rapports aux autres, l’incapacité à communiquer nos émotions, le sentiment de culpabilité qui demeure tenace et qui occasionne tant de maladresses, la dépendance enfin, l’absence de choix et les petites misères du corps qui lâche peu à peu. Pas bien gai tout ça, je sais.

Je l’ai aimé ce roman, il m’a serré le cœur et pris aux tripes bien souvent mais il n’y a pas eu que des larmes non plus, heureusement. Beaucoup de situations prêtent à sourire, les échanges entre Will et Lou sont souvent savoureux, et leur histoire d’amour met du baume au coeur. Les personnages secondaires, que ce soit les parents de Will ou Lou, Patrick le fiancé obsédé par le sport, ou Nathan, le solide infirmier qui partage le quotidien de Will, permettent aussi de donner plus d’ampleur au récit et de respirer entre deux scènes trop chargées d’émotion.
Je m’aperçois que c’est un billet bien décousu mais il a été écrit alors même que les toutes les émotions nées de cette lecture ne se sont pas encore dissipées. Une très belle histoire qui me restera longtemps en mémoire.

PS : Puisque j’étais disposée à verser quelques larmes supplémentaires (et évidemment ça n’a pas manqué !), j’ai vu le film dans la foulée, après quelques hésitations.  Et bien m’en a pris. Sam Claflin et Emilia Clarke incarnent parfaitement les personnages du roman, et même si le film, durée oblige, passe sous silence pas mal de scènes, l’essentiel demeure. Double ration de mouchoirs à prévoir pour ceux ou celles qui veulent se faire la totale !

 

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