Un ami de la terre de T.C. Boyle

un ami de la terreJ’avais déjà lu et chroniqué ce roman en 2009, et j’ai eu envie de m’y replonger suite à une série d’articles de Reporterre. Parmi les mauvaises nouvelles, Auchan veut créer sur des terres agricoles à Gonesse, un centre commercial géant dédié aux loisirs, ou bien encore la station de ski de Chamrousse veut étendre son domaine au détriment de la nature pour que des tas de petits bonshommes et de petites bonnes femmes passent leurs vacances à monter et descendre des pistes, monter, descendre… Sans même parler de la sixième extinction de masse et du réchauffement climatique !

Dans mon souvenir, il me semblait que le monde décrit par Boyle s’apparentait dangereusement au nôtre. Une seconde lecture confirme donc cette impression. En France aussi on veut tout détruire pour faire davantage de place aux voitures et aux centres commerciaux. On n’est plus dans le roman d’anticipation, comme dirait Fred Vargas, nous y sommes…

Voici donc mon ancien billet.

Californie 2025, Ty Tierwater, 75 ans et pas trop mal conservé grâce aux progrès de la médecine, est gardien d’une ménagerie privée appartenant à Mac, star du show-bizz, qui s’entête à vouloir sauver les derniers survivants des espèces animales qui ont disparu. Le réchauffement climatique, les pluies acides dues à la pollution ont transformé le continent nord-américain en vaste poubelle, où les pluies diluviennes succèdent sans transition aux sécheresses sans fin, où la nourriture de base est composée de poisson-chats (seules bestioles que l’on arrive à trouver) et de saké. Les arbres ne sont plus qu’un souvenir de même que les plaisirs simples de la vie. Seules les bagnoles et les centres commerciaux ont résisté…

Mais voilà que Ty reçoit un appel de son ex-femme Andréa et tout un flot de souvenirs remonte à la surface et nous ramène 50 ans plus tôt, quand Ty et Andréa militaient pour « La Terre pour toujours », association composée d’éco-guerriers. Passant du statut de citoyen ordinaire à celui d’activiste passionné et intransigeant, admirateur d’Edward Abbey, Tierwater se souvient de ses années glorieuses, des drames, des excès et des bonheurs qui ponctuèrent sa vie. Et le lecteur assiste à la dégradation inéluctable de notre environnement que nos héros tentent, en vain, de sauver.

Voilà le monde lugubre, et à peine exagéré, qui nous attend et que nous peint avec jubilation Boyle, ne se privant pas d’égratigner la société nord-américaine au passage. (C’est quand même un peu moins noir que « soleil vert », notamment grâce à l’humour caustique de Boyle.) Si l’humanité en prend pour son grade, l’écrivain témoigne cependant d’une belle affection pour une certaine catégorie de gens, les marginaux, ceux épris d’idéal ou qui n’ont que faire du mode de pensée unique.
Un roman qui m’a donc bien plu et un autre auteur américain, découvert par hasard, dont j’aimerai explorer l’oeuvre.

Enfin, pour ceux et celles qui seraient tenté(e)s de classer ce roman en SF, ou de penser que Boyle est très, très pessimiste, allez voir le site de Earth Justice qui mène campagne, entre autres, pour sauver les Appalaches. On fait sauter le sommet des montagnes pour trouver du charbon, sympa comme activité non ?

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