Enfin, les vacances !

Dans 4 jours je serai là :

Entre une sieste sur la plage et la rando quotidienne prévue, je prendrai quand même le temps de lire… Evidemment, vous aurez droit aux extraits de mon journal de voyage au retour :-))

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Yucca mountain de John d’Agata

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J’avais écrit un article pour une ONG en 2008, sur la bagarre qui opposait à l’époque les Shoshones à l’administration Bush quant à la création d’un site de stockage des déchets radioactifs… au sein d’une montagne, pas loin de Las Vegas : Yucca Mountain.
Quelques années plus tard, John d’Agata s’empare du sujet (c’est une chronique de Fabrice Colin qui m’a remise sur la piste de Yucca…) pour nous présenter un drôle de livre, à mi-chemin entre le roman, l’essai et le documentaire. le point de départ est un déménagement à Las Vegas pour la mère de l’auteur, à l’arrivée, ce dernier s’interroge sur le suicide d’un jeune homme. Entre les deux, des pages parfois délirantes consacrées à un projet de fous, démesuré, né du cerveau d’une Amérique détraquée, ne connaissant pratiquement plus de freins ni de limites. Projet mortifère conté sur un mode presque humoristique, oscillant entre l’absurde et le tragique. Pour les amateurs, on y croisera un portrait peu flatteur d’Edward Abbey et une anecdote mélancolique sur Edward Munch dont le Cri orne si symboliquement la couverture de l’édition française. Un récit peu banal qui transperce le coeur et laisse autant mélancolique que sonné. Pour information, le projet a été abandonné il y a peu… il risque fort de ressurgir, sous une autre forme, car il semble bien qu’avec le nouveau président américain, folie et démesure ne soient pas près de disparaître…

photo : bsnorrell.blogspot.com

photo : bsnorrell.blogspot.com

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Un éléphant dans un jeu de quilles de Robert Barbault

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Coup de coeur pour cet ouvrage du regretté Robert Barbault dont les bouquins ont contribué enrichir mes connaissances en écologie au fil des années. L’éléphant du titre, c’est homo sapiens, on s’en doute, lui qui a décidé de se prendre pour un dieu de seconde zone et bouleverse tout ce qu’il touche, tout ce qu’il côtoie, balayant d’un revers de main des centaines d’années de coopération avec les autres espèces.
Ce qui est assez fortiche, c’est qu’en moins de 300 pages, l’auteur nous redonne un cours d’écologie bourré d’exemples assez frappants et révélateurs (un exemple parmi d’autres, l’introduction de la peste bovine en Afrique) et nous rafraichit la mémoire sur la sélection génétique, les interactions entre espèces et écosystèmes, et surtout la coopération qui lui tient à coeur. Tout l’intéresse, du microbe à l’éléphant d’Afrique !
Bon nombre d’anecdotes m’ont passionnée, et ce n’est pas si difficile d’appréhender des notions scientifiques expliquées avec humour.
C’est aussi un bel outil de réflexion.
Durant les deux premières parties du livre, on suit avec intérêt les astuces et stratagèmes inventés par la Nature pour résister et s’adapter, en un mot survivre. L’ingéniosité de certaines espèces, quelles soient animales ou végétales, laisse pantois !
Et boum ! La troisième partie : « Vivre contre… ou avec la nature » sape singulièrement le moral. L’espèce humaine arrive avec ses gros sabots et son envie de tout maîtriser et dominer. Adieu équilibres millénaires, associations fructueuses, la sixième extinction de masse est en cours, le dérèglement climatique est largement amorcé et nous sommes quand même bien coincés, il faut l’avouer. Comme tant d’autres auteurs et scientifiques, Barbault clôt son ouvrage par une note optimiste, non tout n’est pas complètement perdu, à moins d’un sursaut et d’un rude combat… contre nous-mêmes. Réconcilier l’homme avec la nature… un beau projet mais, comme je me le demande toujours, pourra-t-il réalisé, avec quelles forces ? avant que nous ne détruisions irrémédiablement ce qui nous fait encore tenir debout…

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Connaître, comprendre et protéger la forêt de Léon Mathot

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Au sein du catalogue de l’Institut pour le développement forestier, vous allez trouver beaucoup d’ouvrages techniques destinés aux forestiers et fatalement peu compréhensibles pour l’amoureux des forêts, l’accent étant toujours mis sur la production de bois. Mais dans ce catalogue spécialisé, on trouve aussi des ouvrages très accessibles et davantage tournés vers l’écologie, comme celui que je vous présente aujourd’hui.

Une petite anecdote pour commencer : fin janvier, j’animais un débat sur le retour de la nature sauvage, dans une bibliothèque, et la discussion a porté logiquement sur la forêt, à un moment de l’animation. Je me suis aperçue de la méconnaissance flagrante des gens sur le sujet. Au mieux la forêt est un élément du paysage, mais attention, ce milieu « fermé » ne doit pas être trop présent, au pire, c’est un réservoir à bêtes sauvages qui va provoquer la disparition de la prairie, du bocage et… de l’homme ! Ah oui, carrément. On devine bien sous les propos un peu outranciers la vieille peur ancestrale de la forêt.

Donc, disais-je, je me rend compte de l’ignorance abyssale de monsieur et madame tout le monde sur l’écologie de la forêt. Inutile de rentrer dans un débat sur l’éducation et les programmes scolaires, on peut, fort heureusement, et à tout âge, combler cette lacune pour peu que l’on en ait envie.

En 168 pages, l’auteur fait le tour des connaissances actuelles sur la forêt, et rappelle les innombrables services rendus par l’écosystème forestier : il nous procure du bois pour nous chauffer mais assure aussi une bonne qualité de l’eau, de l’air, joue un rôle de rempart contre le dérèglement climatique, protèges les sols de l’érosion, abrite un grand nombre d’espèces animales et végétales. Enfin, ce n’est pas mentionné mais je le rappelle, la forêt nourrit notre imaginaire…

A l’aide de schémas et de dessins, Léon Mathot explique le fonctionnement des arbres, le rôle des insectes ou des champignons, démontrent les interactions entre espèces, de manière claire et simple. Il se pique même d’égratigner les pratiques de chasse !

Un bon ouvrage, très accessible, que je conseille absolument, et qui peut même être très utile aux étudiants.

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Mon petit jardin en permaculture de Joseph Chauffrey

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Une belle journée ensoleillée s’annonce et j’en profite pour présenter un ouvrage tout à fait enthousiasmant. Certes, ce n’est pas le premier qui traite de la permaculture, mais le propos de l’auteur, Joseph Chauffrey, se démarque réellement du discours général. Ce jardinier urbain se consacre aux touts petits jardins des villes. Son propre exemple est édifiant, pour 150 mètres carrés en ville, il récolte 300 kg de fruits et légumes par an ! Alléchant, non ?

Cela l’est d’autant plus, et voilà pourquoi l’ouvrage est chroniqué sur notre site, parce ce jardin vit et prospère en harmonie avec la nature: aucun engrais chimique, pas de pesticides, un bon voisinage avec les « mauvaises » herbes, et une biodiversité étonnante comprenant aussi bien de petits arbres (vive le micro-verger !), des fleurs que des insectes à foison, sans compter la petite mare.

La preuve que lorsqu’on laisse la nature tranquille, la vie revient s’installer.

L’accent est mis sur le sol, et le sacro-saint paillis, mais pour un jardin aussi petit, des ajustements seront parfois nécessaires, aussi bien pour les associations de légumes que pour la date des semis.

Au final, et comme le souligne l’auteur, l’idée est de relocaliser la production de légumes : imaginez un peu, pas de transports polluants, des légumes sains, donc bio et surtout de saison. En plus, c’est à la portée de tous avec un minimum d’organisation. Une belle initiative porteuse d’espoir, alors, à vos grelinettes !

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Ce qui compte vraiment de Fabrice Nicolino

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Le nouveau livre de Fabrice Nicolino traite d’un sujet qui lui tient à coeur, cette urgence écologique qui devrait pousser tout un chacun à réagir et agir de manière significative. Comme à son habitude, l’auteur présente de manière implacable, l’état du malade, notre planète, lequel est plus que préoccupant, et le diagnostic est sans appel. Choisissant cinq thèmes, la campagne française, la restauration des écosystèmes dans le monde; l’état des mers et océans avec un point sur la pêche; les rivières; et enfin la cohabitation avec les animaux, l’auteur déroule son argumentaire truffé d’exemples saisissants.

Pour le lecteur attentif du blog de Nicolino, Planète sans visa, certaines informations, pour ne pas dire la plupart, ne seront pas à classer dans les scoops ! Le journaliste a entrepris un travail colossal depuis plusieurs années consistant à écrire encore et encore maints billets sur l’écologie, et sur pratiquement tous les sujets ou peu s’en faut. Cet ouvrage est en quelque sorte une compilation de certains thèmes, et emprunte également des données de précédents livres comme celui sur les pesticides.

Mais pour le lecteur et le citoyen lambda, certaines de ces informations, qui sont peu ou pas relayées par les médias traditionnels, risquent fort de paraitre non seulement déprimantes mais surréalistes. Devant tant d’atrocités et d’horreurs commises pour mettre à genoux un bout de nature ou une espèce animale, il est difficile de ne pas être authentiquement « sonné » et on pourrait presque se dire que non, cela n’a pas pu arriver, ça se saurait, les gouvernements auraient réagi… Que nenni, et c’est bien là la tragédie.

Or, si on ne peut donc plus compter sur les élus, les politiques en cheville avec les puissants lobbies mortifères, que faire ? Résister, se secouer les puces et changer notre perspective du monde.

Et voilà où se situe, à mes yeux, le premier point faible du livre. Fabrice Nicolino propose bien, en fin de chaque chapitre, un autre regard, un début d’idée ou d’action. Mais après ? Qui fait quoi ? Qui a envie de faire quelque chose ? Vous, moi et quelques imbéciles heureux comme nous. Bon.

Je vais donner un exemple tout bête : on n’a jamais autant parlé de la crise climatique, même si elle n’a pas l’air d’affoler tout le monde, ni de la réelle nécessité de planter des arbres, de conserver les forêts. Chacun y va de son discours, réunions, plans d’actions, programmes dédiés, animations à tout-va, journée mondiale des forêts, etc. Et moi, dans mon petit département rural pas trop peuplé, depuis 2 ans, je n’ai jamais autant vu d’arbres coupés dans les bois et forêts ni de haies arrachées ou taillées au minimum. Juste dans mon département. Et faire quoi ? Se battre contre les forestiers, les collectivités locales, les agriculteurs ? Comment ? Maintenant que le mal est fait, dans une indifférence quasi générale, qui se soucie du sort de ces arbres, qui se lamente devant ce désastre qui se traduit par des paysages désolants où subsistent des moignons d’arbres ?

Fabrice Nicolino ne peut pas, et c’est bien compréhensible, donner de solution miracle, juste un peu d’espoir si on est encore assez optimiste pour y croire.

Le second point faible peut paraitre anecdotique mais je regrette qu’il ait passé sous silence ce qui constitue, selon moi, le plus préoccupant des problèmes : la surpopulation humaine, la démographie galopante d’homo sapiens. Certes, et j’en ai bien conscience, c’est un sujet à manier avec précaution, qui réveille de douloureux échos. Mais sur le strict plan écologique, ne pas évoquer le trop grand nombre d’humains sur terre, même inégalement réparti (mais pour combien de temps encore ? ) me parait regrettable. C’est une question de place, de qualité de vie – que nous devons à tous – de cohabitation avec les autres espèces. Si on ne règle pas ça, on ne règle rien. Peut-être que je me trompe, que je ne suis pas une scientifique, que je ne sais pas grand-chose au final, mais de cette constatation, je suis certaine.

Malgré ces deux réserves, mais mon opinion est personnelle et totalement subjective, je ne crains pas de dire que ce livre doit être lu. Et pour ne pas terminer sur une note pessimiste, je dois bien reconnaître que les choses et les gens bougent et changent, parfois de manière inespérée. Des initiatives se créent, des citoyens se mobilisent. Ces petits ruisseaux qui se créent un peu partout formeront-ils une grosse rivière ? Je n’ai pas la réponse, mais je l’espère.

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Manifeste animaliste de Corinne Pelluchon

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D’abord un grand merci à Babelio pour ce masse critique qui m’a permis de lire ce livre, dont évidemment le titre m’avait indéniablement attirée mais qui, cependant, me paraissait un peu vague et fantaisiste.

Fantaisiste, le propos ne l’est plus du tout en fin de lecture. Car il ne s’agit ni plus ni moins  que de politiser la cause animale afin d’obtenir des résultats certains, en proposant des mesures susceptibles d’obtenir un large consensus, ce qui éviterait de « piétiner » sur certains dossiers pendant encore 10 ou 20 ans.

Quand on s’investit pour la cause animale, sur le long terme, on s’aperçoit que tout fonctionne par cycle : je ne donnerai qu’un exemple : le port de la fourrure : honni et ringard il y a 10 ans, redevenant à la mode aujourd’hui. Or, ce sont ces incessants revirements qui freinent les avancées et épuisent les militants qui ont l’impression de tourner en rond.

Par ailleurs, des causes ont certainement été perdues car bien que l’opinion publique soutienne la fin d’une pratique ou d’une activité néfaste aux animaux, rares sont les solutions alternatives proposées. Or, l’intérêt de se manifeste est de prendre en compte, et même d’anticiper la reconversion d’un grand nombre de salariés travaillant dans des domaines impliquant l’exploitation animale.

Enfin, l’auteur, (qui est philosophe, au fait) propose la mise en place de cursus, de formations sur la condition animale, le droit des animaux afin que chacun puisse prendre conscience des enjeux. Le volet éducatif est donc aussi important que le volet législatif.

Corinne Pelluchon prend en modèle le processus enclenché par le Président Lincoln lorsqu’il a voulu supprimer l’esclavage. Il est certain que l’on peut tirer des leçons bénéfiques de cet illustre exemple.

Car pour ne pas cantonner la cause des animalistes sur le plan purement intellectuel ou moral, il faut lui donner une dimension sociale et politique et appréhender de nouvelles stratégies, une approche novatrice qui a réellement suscité mon enthousiasme.

Car la société est en train de changer. Certes, lentement, mais de manière significative. La maltraitance animale pousse des citoyens à modifier leurs habitudes de consommation, changements ayant un impact de plus en plus lourd sur certains secteurs économiques, que plus personne ne peut nier. Il faut donc prendre le train en marche, car si ajoute cette prise de conscience à tout ce que les citoyens sont en train de se réapproprier en terme d’initiatives écologiques collectives, je me dis que le tournant est peut-être historique.

Au final, un coup de coeur pour ce »petit » livre d’une centaine de pages qui a le mérite de poser les fondations solides du travail à venir pour qui veut vivre et évoluer dans une société où la cause des animaux et la cause des humains ne seront qu’une.

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Je fais de la pub pour Fabrice Nicolino

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J’avais de toute façon prévu d’acheter son nouveau bouquin, je vous livre ici son message, avec grand plaisir.

Vous seriez bien aimables (de parler d’un livre)
30 janvier 2017

Je vais droit au but, car ceci est un appel. Je publie le 20 – ou le 22 – février un livre dont le titre est Ce qui compte vraiment (Les liens qui libèrent). Je vais essayer de vous mettre sa couverture en PDF, de manière que vous puissiez vous rendre compte. J’ai un besoin aussi évident qu’essentiel de votre aide, pour de multiples raisons. Ce livre sort en pleine campagne présidentielle, dont il se moque éperdument, et la plupart des journaux n’en ont, d’avance, rien à faire. Je ne vous demanderai jamais de me faire confiance a priori, mais vous pouvez, et je crois que vous devez faire circuler la nouvelle de sa parution.

J’ai ouvert ce blog il y aura dix ans cet été, et j’ai bien dû y écrire 1500 articles, ce qui n’est pas rien, je pense que vous le savez. Je l’ai fait bénévolement bien sûr, à la réserve près qu’il m’a régulièrement coûté des sous. Non seulement je ne me plains pas, mais je dois dire que je suis pleinement satisfait d’avoir apporté informations et jugements sur l’infernale crise écologique dans laquelle nous sommes tous plongés. Je ne crois pas que mes lecteurs ont été volés, et comme ils sont – vous êtes – des milliers, je m’avance et vous dis : donnez-moi un coup de main. C’est à votre portée, et si vous avez pris intérêt et plaisir à me retrouver ici ces dernières années – et ce n’est pas fini ! -, eh bien faites usage de ce que je pourrais appeler un contre-don. Recopiez et diffusez ce petit mot, ou mieux encore écrivez-en un à votre manière, que vous enverrez à vos amis et connaissances. Je suis très certain que, de votre engagement, peut naître un succès d’édition.

Pourquoi ? Mais parce que ce livre est un contrepoint, et même un contre-pied à tous les discours politiques en cours. Lesquels ne parlent ni ne parleront de notre planète en déroute. À l’opposé de ce que j’écris généralement, ce livre n’est pas vraiment de dénonciation. Je l’ai voulu non optimiste, car c’était au-dessus de mes forces, mais en tout cas tourné vers un avenir possible pour tous. Ici, ailleurs, humains, animaux, plantes, mers et rivières. J’y passe en revue cinq questions à mes yeux décisives – le sort des campagnes en France; la restauration des écosystèmes dans le monde; la situation des mers et de la pêche; le si grand malheur des eaux vives; la cohabitation avec ces Autres si proches que sont les animaux.

À chaque fois, je prétends démontrer qu’il y a une voie, un espoir véritable, une faille dans le grand mur par laquelle nous pourrions nous faufiler. Ainsi que vous verrez peut-être, certains constats sont difficiles à contester. Et c’est bien pourquoi ce monde malade n’a aucunement l’intention d’en parler. Mais vous, mes amis, mes lecteurs, et même mes critiques ? Ne croyez-vous venu le temps de dire enfin ce que nous pensons ? Ce que nous voulons ? Ce que nous devons, envers et malgré toutes les forces de la destruction ?

Ce que vous pouvez faire peut vous sembler sans importance. Moi, je suis convaincu que j’ai besoin du moindre geste du dernier d’entre vous. Au fait, votre présence m’aide constamment à faire face. Car je crois que je fais face.

http://fabrice-nicolino.com/?p=2540

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La Hulotte n° 104

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Encore un numéro passionnant du journal le plus lu dans les terriers ! Il est consacré à un drôle de poisson qui habite uniquement les rivières dont les eaux sont propres, rapides et fraîches. C’est qu’il un peu délicat voyez-vous. Et puis c’est un fan de cailloux. Le cours d’eau doit posséder des cailloux pour l’accueillir, c’est la condition sine qua non. Donc, pas de caillou, pas de chabot !

Bien que desservi par un physique disgracieux, on peut quand même dire que c’est un sacré papa poule (vous en trouverez beaucoup, vous, des pères qui gardent leurs enfants 24h/24 ?) doublé d’un musicien dans l’âme. Et oui, les poissons capables de donner des récitals de batterie aquatique ne courent pas les rivières, foi de chabot !

Des anecdotes comme celles-ci, vous pourrez en dénicher sans problème dans ce journal qui regorge de données passionnantes sur la vie et la biologie de ce poisson méconnu (de moi, en tout cas), le tout conté sur un mode humoristique irrésistible et complété avec de chouettes dessins.

Voilà, c’est toujours un réel plaisir d’apprendre la vie de la faune sauvage avec la Hulotte parce qu’on se cultive en rigolant. Franchement, que demander de plus ?

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Toute la lumière que nous ne pouvons voir d’Anthony Doerr

DAPHNE REBECCA

J’ai terminé l’année 2016 par un coup de coeur en catégorie « romans ». Prix Pulitzer 2015, ce qui est la cerise sur le gâteau.

L’auteur s’est aventuré sur un de mes terrains familiers, la seconde guerre mondiale, cadre historique qui continue d’inspirer un grand nombre d’écrivains. Difficile parfois de trouver un angle original ou de  raconter cette guerre de manière différente, pourtant Anthony Doerr y parvient avec grâce et sensibilité. Ses deux héros dont les trajectoires parallèles finiront par se croiser, sont inhabituels : côté français, Marie-Laure, une jeune aveugle dont le père travaille au Muséum d’Histoire Naturelle à Paris comme serrurier-chef et côté allemand, Werner, un jeune spécialiste des transmissions électromagnétiques, miraculeusement soustrait à un destin tout tracé de mineur à Essen, car repéré par les grands pontes du parti nazi.

Et comme le destin – encore lui –  est souvent farceur et capricieux, ces deux-là se rencontreront grâce  à un diamant maudit et des enregistrements à la radio, voix salvatrices dans la nuit et l’ignorance, qui apporteront un peu de lumière à Werner, que l’on veut aveugler à tout prix dans son école d’élite et Marie-Laure, perdue dans ses ténèbres et celles de la cité de Saint-Malo qu’elle s’efforce d’apprivoiser. Deux solitudes qui se télescopent au moment le plus tragique de la histoire de la cité malouine.

Le roman alterne les moments de grâce et de joie et les drames avec beaucoup de justesse et de sobriété, Werner et Marie-Laure croisent ou côtoient une galerie de personnages secondaires tour à tour touchants ou inquiétants et si on est parfois tenté de verser une petite larme, le récit ne sombre jamais dans le tragique ou la mièvrerie.

 

J’ai été énormément  touchée par ce roman, pas manichéen pour un sou, qui était en gestation depuis 10 ans environ ! L’auteur, semblable à Charles Frazier qui a mis à peu près autant de temps à accoucher de Cold Mountain, vient de l’Idaho et fait donc partie de ces fameux écrivains de l’Ouest américain que j’affectionne tant. Aux dernières nouvelles, le roman, après avoir été traduit dans de nombreuses langues, ferait l’objet d’une adaptation ciné. Je souhaite en tout cas que Jonathan Doerr n’attende pas 10 ans de plus pour publier son prochain livre.

Catégories : L'Ouest américain, Mes coups de coeur | 4 Commentaires

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