Prochaines lectures…

…et donc mes dernières acquisitions !

Un petit mot sur ces ouvrages : The Earth as modified by human action est un classique américain de l’écologie, George Perkin Marsh l’ayant écrit en 1874 (pour cette seconde version de Man and nature), il dénonce l’action de l’homme sur la nature et notamment les effets de la déforestation.

Le naturaliste amateur est signé par une naturaliste britannique très célèbre outre-Manche, Nick Baker (heu… je ne le connaissais pas) et surtout, ce beau livre était vendu à un prix dérisoire, alors…

Naturalité des eaux et forêts regroupe les actes d’un colloque que j’ai loupé, sur un thème qui m’enthousiasme depuis 2 ou 3 ans. Toujours sur le thème de la naturalité, j’ai acheté La France des friches, riche de pistes de réflexions, signé par deux spécialistes.

Our stolen future, classique de la scientifique Theo Colborn, décédée il y a peu, a fait l’effet d’une bombe, au même titre que Printemps silencieux de rachel carson. L’édition française étant épuisée, je me suis rabattue sur l’original.

Feral de George Monbiot traite aussi de nature férale et de naturalité, et cet anglais fort célèbre, accessoirement écologiste et éditorialiste au Guardian, est une pointure dans son domaine, il me tardait de lire cet ouvrage.

Enfin, un an dans la vie d’une forêt est certainement mon prochain coup de coeur, tout est dans le titre…

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Haut-Royaume – Les 7 cités (trilogie) de Pierre Pevel

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Tout écrit de Pierre Pevel étant impatiemment attendu, j’ai acheté les trois livres d’un coup, petit cadeau fait à moi-même pour l’occasion. Il faut aimer Pevel pour faire ce sacrifice, je vous le dis tout de suite. A presque 18 € le tome, je vous laisse faire le calcul, d’autant que chaque livre ne dépasse pas les 250 pages. Il eût été plus sympa de vendre les 7 cités en un seul volume, et je préviens d’ores et déjà les gars de Bragelonne : si la cote de Pierre Pevel s’envole à ce point là (je pense notamment à la prochaine sortie de la nouvelle basée sur les Lames du cardinal, je crains le pire au niveau prix !), ce sera sans moi ! Après tout, les bibliothèques municipales sont bien utiles pour les petits budgets, profitons-en que diable ! Mais je referme cette parenthèse sur de basses considérations matérielles pour évoquer plutôt la trilogie.

Les fans de Pierre Pevel y trouveront leur compte, rien ne manque, ni le panache et les aventures, ni les coups bas, les trahisons et les complots, les retournements de situation, et on se prend vite d’affection pour la petite bande de cambrioleurs, Iryän et Svern en tête. Le premier est mi-homme, mi-drac, le second est un Skande pour lequel on se sent une sympathie immédiate. La ville de Samarande est presque un personnage à elle seule et Pierre Pevel excelle à rendre les ambiances d’une ville peu recommandable du Haut-Royaume où la pègre et les voleurs de seconde zone se partagent les rues.

Au fil des trois romans, et à partir d’une banale affaire de vol de diamant, Iryän et ses complices vont se retrouvés confrontés à des créatures bien plus redoutables qu’un préfet de nuit. Le ton léger du premier volume n’est plus qu’un souvenir à la fin de troisième volet, au terme d’aventures sanglantes ponctuées de morts violentes et de scènes de tortures, heureusement peu nombreuses.

Si je ne m’abuse, cette trilogie est une oeuvre de jeunesse, remaniée pour intégrer le cycle du Haut-Royaume. Et si on y regarde bien, on trouvera en germe certains éléments, réutilisés et améliorés notamment dans les Lames du Cardinal et la trilogie Wielstatd.

Comme à son habitude, l’auteur a su donner vie à un personnage diablement attachant, même s’il est également entouré de comparses dignes d’intérêt. Ce sang-mêlé, loyal et fidèle à ses amis, capable de tout sacrifier pour une vengeance, inspire à la fois une franche sympathie et un brin de méfiance tant il se laisse emporter facilement par sa nature drac.

Bien que je place cette trilogie un cran en-dessous des autres oeuvres de Pevel, j’ai pris davantage de plaisir à cette lecture que pour certains « mastodontes » de la littérature fantasy anglo-saxonne. Pevel reste une valeur sûre de ce genre littéraire, pas de doute là-dessus !

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L’épouvantable encyclopédie des fantômes de Pierre Dubois

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Croyez-vous aux fantômes ? Moi, pas du tout. Il y a longtemps, j’ai bien cru que j’avais rencontré un fantôme en Ecosse (c’est quand même un peu leur patrie) mais je n’ai jamais pu en être certaine, le doute a donc demeuré.

En lisant le magnifique ouvrage de Pierre Dubois, je suis cependant tentée de revoir mon opinion et de sonder mes certitudes. Mon elficologue préféré a récolté des anecdotes, retranscrit des témoignages et étudié les sources folkloriques de ces habitants des limbes, avec une plume pleine de grâce un rien désuète, de richesse et d’élégance, servie par les magnifiques illustrations de Carine M. et Elian Black’Mor qui m’ont rappelée plus d’une fois l’univers de Tim Burton.

Au détour de ces pages, vous croiserez des revenants plutôt classiques, de ceux qui hantent les manoirs et les cimetières, les dames blanches, mal-morts, lupeux, banshies et autres créatures, le choix est vaste, ma foi. On les entend avant de les voir et ils surgissent dans votre vie à n’importe quelle époque de l’année, même à Noël !

Si l’atmosphère est parfois mélancolique ou fantaisiste, le ton est résolument macabre, les fantômes sont loin d’être bienveillants, ils terrifient, tuent, tourmentent, bref, rendent la vie impossible. De quoi donner des cauchemars…

Cette lecture suit de peu finalement celle de Gaiman, L’étrange vie de Nobody Owens, et on sent bien la filiation entre les deux oeuvres, pas seulement à cause de la présence des fantômes, plutôt en raison de leur perception du monde des morts. Les fantômes aussi ont besoin d’un monde encore un peu champêtre, un peu sauvage, une part d’ombre et de mystère que l’on dissipe hélas, à coups de parkings et d’allées gravillonnées dans des banlieues bien trop urbanisées. Ne plus croire au fantôme, ne plus lui prêter attention, n’est-ce pas mépriser un peu ou dédaigner les contes d’autrefois, le folklore de nos campagnes et la part de merveilleux qu’il n’y a pas si longtemps encore, on cultivait sans s’en rendre compte ?

Alors, pouvait-il y avoir mauvaise surprise ou déception avec Pierre Dubois ? Non, bien sûr. « La suite, peut-être… en revenant ? ».

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Fantômes d’Ecosse de Claudine Glot

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Si vous avez envie d’une belle plongée dans l’Histoire de l’Ecosse, de croiser des fantômes et des brownies, de parcourir la lande sous la lune, voilà le livre idéal.

J’ai retrouvé avec un grand plaisir un peu du parfum de l’Ecosse, avec ses légendes et ses mystères, ses paysages somptueux et mélancoliques, ses tragédies aussi.

C’est sûr, si vous voulez frissonner un peu, vous pouvez toujours vous payer un ghost tour à Edimbourg, ou même une nuit dans un château hanté, transformé en hôtel de luxe, le choix est assez vaste car la demande touristique alimente ce marché.

Mais peut-être vaut-il mieux s’écarter de la route et prendre les chemins de traverse. Vous entendrez des histoires moins communes que celle du fantôme de la reine Mary.

Par exemple, Colin le Noir du loch Awe est sans doute l’histoire la plus romantique, Thomas le Rimeur est la plus connue, mais je retiendrai en particulier trois contes qui m’ont émue : celui du jeune couple d’amoureux, La Demoiselle de Dunrobin, au destin tragique, Le puits des Sept Têtes nous rappelle combien les rivalités entre clans furent aussi désastreuses pour les Ecossais que leurs guerres contre leurs voisins anglais et j’ajouterai la plus originale à mes yeux, et en tout cas la plus poignante, Les vieux soldats ne meurent jamais.

Si vous apercevez les fantômes des Highlanders décimés sur la lande, ne soyez donc pas surpris !

Enfin, j’ai également aimé la postface de Claudine Glot qui affirme, entre autres, que « les légendes prennent les couleurs et les reliefs de la terre qui les porte ». Le développement qui suit ces lignes est particulièrement intéressant.

Quoi qu’il en soit, le choix des contes et légendes présentés est suffisamment riche et varié pour intéresser différents lecteurs. A moi, ce recueil m’a donné envie de retourner en Ecosse !

« The land of fairy, where nobody gets old and godly and grave, where nobody gets old and crafty and wise, where nobody gets old and bitter of tongue ».

Williamn Butler Yeats.

 

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Comment se porte mon jardin en aôut ?

Mon jardin est comme moi, il a souffert de la chaleur. Moi, j’ai particulièrement bataillé cet été avec les insectes. J’ai été piquée par des fourmis rouges, une abeille et à plusieurs reprises par des taons. Je ne saurai vous dire quelle est la piqûre la plus douloureuse…

Mes arbres, quand à eux, ont eu fort affaire avec les chevreuils.

Le bilan est donc mitigé. Voyons un peu dans le détail.

La haie champêtre : aucun des arbres plantés en tout début d’automne n’a résisté au manque d’eau et à l’appétit goulu des chevreuils. J’en ai perdu 6, et après m’être lamentée un bon moment, j’ai pris cet échec avec philosophie. La preuve, je n’en veux même pas aux chevreuils !

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Les petits trembles et frênes s’accrochent. Pour le moment, sur les 10 plants, je comptabilise deux morts pour cause de manque d’eau. Les bouteilles plastiques en guise de protection ont bien marché et le fait de les avoir plantés en hiver a été bénéfique.

Du coup, je compte planter cet hiver, des plants beaucoup plus grands, entre 1,50 et 2 m : 1 hêtre, 1 érable champêtre, 1 ou 2 bouleaux.

Le potager/verger : les 6 plants de noisetiers que mon voisin m’a donnés se sont bien adaptés, surtout avec un arrosage régulier depuis les grosses chaleurs. Bon, côté taille, il ne faut pas être pressée, je présume que je vais devoir patienter 5 ou 6 ans avant de leur trouver une hauteur raisonnable, mais tant pis. Le bouleau planté cet hiver poursuit sa croissance, de même que les deux pêchers de vigne, qui ne donneront peut-être pas de pêches à l’automne, c’est trop tôt. En tout cas, ils sont beaux ces trois-là.

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pêcher de vigne

pêcher de vigne

 

Enfin, je joins une photo de l’un de mes cinq catalpas, plantés il y a 5 ans me semble-t-il. Je les croyais nains, étant donné qu’ils ne prenaient pas un cm, mais là, d’un seul coup, sans raison valable, les voilà qui prennent leur essor. Ils ont un beau feuillage. Rendez-vous dans 10 ans pour avoir de l’ombrage !

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Tout ceci ne m’a pas découragée, j’ai déjà acheté des tuteurs et repéré des protections anti-chevreuils sur internet et je me réjouis d’avance à l’idée de planter d’autres arbres pour décembre ou janvier prochain.

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Les 4 plumes blanches de A.E.W Mason

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N’ayant toujours pas retrouvé le goût de  lire de nouveaux romans, je relis donc avec bonheur mes bouquins préférés, en attendant que cette panne finisse par disparaitre.

Honneur aujourd’hui à ces Quatre plumes blanches qui avaient été un coup de coeur à l’époque de ma découverte. J’ai retrouvé l’émotion de ma première lecture, ouf… Mais par paresse, je me contenterai de recopier ici le billet publié sur mon ancien blog.

Angleterre, 1882. A la veille de partir au Soudan, le jeune officier Harry Feversham donne sa démission et quitte son régiment pour rejoindre sa fiancée et assister au bal qui est donné en l’honneur de leurs fiançailles. Mais le soir du bal, Harry reçoit dans une petite boîte trois plumes blanches, symbolisant la lâcheté, envoyées par trois de ses camarades officiers qui l’ont percé à jour. Lorsque sa fiancée, Ethne, comprend qu’Harry a donné sa démission parce que son régiment partait en première ligne, elle rompt les fiançailles et lui donne une quatrième plume blanche.
Pour Harry Feversham, c’est une toute autre vie qui commence. N’ayant pas d’autre choix que de racheter ce qu’il croit être une faute, pour retrouver son honneur perdu, le jeune officier devra affronter ses peurs et aller au bout de son courage, au cours d’un voyage initiatique, au terme duquel il finira par affronter son plus implacable ennemi : lui-même.

Ce grand classique anglais est certes un roman historique coloré d’une touche d’impérialisme anglais, plein d’aventures, mais c’est surtout une formidable aventure humaine, qui parle d’amour et d’orgueil, de bravoure et de lâcheté, de conscience et de devoir, et d’héroïsme enfin. Un portrait d’homme courbé sous le fardeau de ses peurs, déterminé à sacrifier sa jeunesse et qui paye bien cher un moment de faiblesse.
Son meilleur ami, l’officier Jack Durrance, qui se refuse à condamner Harry, incarne quant à lui un autre type d’homme, tout entier voué à sa carrière, mais destiné à la solitude et qui devra sacrifier son bonheur et faire des choix cornéliens…

De beaux portraits d’hommes, et une peinture inhabituelle de l’Angleterre colonialiste, en tout cas plus nuancée que dans la plupart des romans de cette période, un grand roman (merci aux éditions Phébus…) qui mérite d’être dépoussiéré, et dont les thèmes se rapprochent de ceux de Conrad à qui Mason est quelquefois comparé. Pour être honnête, ce roman de Mason figure parmi mes bouquins préférés depuis ma première lecture car, oui, c’est l’un de ceux que je relis régulièrement. Ce portrait d’homme m’a touchée au coeur…

A noter que ce roman a fait l’objet de nombreuses adaptations cinématographiques. Moi j’ai vu la dernière, réalisée par Shekhar Kappur (Elisabeth) avec le regretté Heath Ledger. et curieusement rebaptisé Frères du désert. Beau et lent, mais inégal et ne rendant pas justice au roman.

 

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Guinevere de Jean-Louis Fetjaine

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J’attendais la conclusion de la série Arthurienne de Fetjaine avec une grande impatience car les trilogies des elfes de l’écrivain figurent parmi mes coups de coeur et mes grandes découvertes en Fantasy.

Pourtant, j’appréhendais cette lecture à cause du titre : honneur à un personnage central de la légende Arthurienne que je n’ai jamais aimé, celle par qui tout le mal arrive, la fade Guenièvre du cycle. Mes appréhensions se sont trouvées confirmées, mais pas en raison du traitement classique réservé à la reine, au contraire. Sous la plume de Fetjaine, Guinevere incarne une figure bien sinistre, à la volonté implacable, annonciatrice de mort, la Gwenyffar galloise, autrement dit la Dame blanche.

Si j’ai pris plaisir à lire la conclusion de cette vaste fresque entreprise avec le Crépuscule des elfes, je dois bien avouer que j’ai été considérablement déçue. Déçue d’abord par le rôle échu aux femmes. Oh certes, elles sont fortes, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais elles sont manipulatrices, indignes de confiance, avides de pouvoir, impitoyables, Morgause et Guinevere représentent brillamment leur sexe sur ce plan là. Chez Fetjaine, la femme, reine ou suivante, se fait catin, presque logiquement, et tous les hommes du cycle, d’Arthur à Lancelot en passant par le répugnant Méléagant, se laissent gouverner par leur sens. Qu’on glisse dans leur couche une belle femme lascive et c’est est fini de la sagesse et de l’intelligence. Et on complote, et on trahit et on se laisse berner… En définitive, on peut grossièrement dessiner deux camps : celui, primaire, des hommes, si faibles et si aveugles, qui ne songent qu’à batailler ou forniquer et celui des femmes, qui ne veulent que le pouvoir.  Pas un gramme de douceur dans ce monde de brutes !

C’était bien là l’une des stupidités magnifiques des hommes qu’il n’avait jamais bien comprises, depuis le temps qu’il vivait parmi eux… Cet acharnement à tuer ou se faire tuer pour des riens, une parole, une bannière, une femme…

Ma seconde déception tient à l’intrigue. La bataille finale contre les Monstres, même si elle s’intègre dans la tragédie Arthurienne qui voit la mort d’Arthur et de Mordred, est une répétition de toutes les batailles se déroulant dans les trilogies des Elfes précédentes. Aucune surprise n’est possible, on sait exactement comment elle va se dérouler, sur quel massacre elle va déboucher, mais je reconnais l’auteur sait à merveille, et comme à son habitude, restituer ces carnages, propres à donner des frissons.

Et pourtant, malgré ces réserves, le roman tient ses promesses notamment grâce à ce subtil mélange dont Fetjaine est coutumier : la rencontre des Elfes et des hommes, la seule présence de la reine Lliane et celle, enchantée, de Merlin suffiraient à elles seules à faire renaître la magie du cycle. Mais ces deux personnages demeurent hélas bien trop en retrait, laissant la plus grande place aux hommes, à leurs désespérantes faiblesses et leur goût pour la guerre.

Avec la mort d’Arthur, la disparition d’Excalibur, c’est la fin d’un monde, celui de Merlin, celui de Lliane, et tout le roman baigne dans cette atmosphère de mélancolie et de désenchantement particulièrement déprimante. Le Mal demeurera dans le monde des hommes, tant pis pour nous.

PS : une couverture fabuleuse, extrait d’un tableau d’un préraphaélite, Franck Cadogan Cowper : Lancelot Slays the Caitiff Knight Sir Tarquin

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La séparation de Christopher Priest

product_9782070356980_195x320J’ai longuement hésité avant de lire mon second Priest, tant j’ai été marquée par le Prestige. Et puis j’ai fini par choisir la Séparation en raison de la toile de fond historique, étant toujours passionnée par la seconde guerre mondiale. Un excellent choix pour un roman passionnant de bout en bout mais qui m’a quelquefois laissée perplexe.

Petit avertissement en guise de préambule, le roman est une uchronie, certes, fort plausible mais si légère que j’ai fini par oublier cette distorsion de la réalité historique tout au long de ma lecture. Bien qu’il soit publié en Folio SF, le livre hésite entre plusieurs genres.  Je ne sais pas si tous les romans de Priest s’articulent de cette façon, mais La séparation a une filiation certaine avec Le Prestige.

Un témoin extérieur, un historien pour être précise,  puise dans des documents écrits la source d’une histoire de jumeaux, qui se dédouble selon le narrateur, les témoins et la personnalité du frère jumeau. Joe et Jack Sawyer se trouvent en 1936 à Berlin pour les jeux olympiques. Ils représentent l’Angleterre dans cette discipline fort prisée Outre-manche, l’aviron. Au cours de ce bref séjour, ils vont faire deux rencontres qui vont chambouler leur vie : Rudolf Hess et une jeune femme dont ils vont tomber amoureux, Birgit. A partir de cet événement, Christopher Priest déroule la vie de nos deux héros, semée de pièges et d’illusions, entretenant le mystère et la confusion, jonglant avec les apparences et les faux-semblants. Jack est pilote de la RAF, son frère est ambulancier pour la Croix-Rouge et au cours d’une mission, Jack disparait. La séparation entre les deux jumeaux est d’abord physique, puis idéologique, chacun ayant un point de vue opposé sur le déroulement de la guerre. La séparation est également celle d’un couple, car Birgit a épousé l’un des deux frères que la guerre a aussitôt contraint à partir et le lecteur ne découvre pas tout de suite l’identité de l’époux.

Et il demeure un autre niveau de lecture, où la séparation prend tout son sens. Je l’ai dit, Priest a bâti son roman sur le jeu des apparences, brouillant les cartes et introduisant un certain degré de confusion chez le lecteur, perdu entre les témoignages contradictoires et ces conclusions différentes. Cette autre séparation est donc mentale. La frontière entre la réalité et l’illusion devient floue d’autant que chacun des deux frères est la proie d’hallucinations, traumatisme hérité de missions dangereuses et difficiles où les nerfs finissent pas être fatalement éprouvés. Or les dernières lignes du roman n’apportent aucun éclairage, le doute est soigneusement entretenu jusqu’au bout. Au lecteur, sans doute, d’imaginer sa version, procédé assez frustrant.

Au final, on ne sait pas exactement qui détient la vérité, ni même s’il y en a une, car la multiplicité des points de vue donnent à penser que chacun a sa propre perception de la réalité. Il n’est reste pas moins que le roman, admirablement traduit d’ailleurs par Michelle Charrier, est passionnant, au-delà de son intrigue historique. Une histoire qui reste longtemps en mémoire, déroutante et mélancolique, une oeuvre intelligente qui suscite la réflexion. Au fond, que demander de plus ?

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Un désastre au potager et au verger

La pluie, encore et toujours, une invasion de limaces, des herbes qui poussent à une vitesse folle et transforment le jardin en jungle, des graines qui pourrissent avant de germer, des plants malades, des attaques incessantes de parasites, bref, ce printemps 2016 est un désastre au jardin.

il faut deviner que ce sont des radis…

Beaucoup d’argent (plants et graines bio) et d’énergie dépensées quasiment en vain, bref un découragement total…

Même ma haie champêtre au milieu de pré n’a pas résisté aux lapins et chevreuils qui ont écorcé les arbres. Mon budget restreint ne m’a pas permis de protéger efficacement mes très jeunes arbres (système D, j’ai utilisé des bouteilles en plastique…) et de toute façon, le pré est gorgé d’eau, l’agriculteur n’a pas encore pu passer pour faucher. Arpenter 3 hectares en vous frayant un chemin tant bien que mal dans les hautes herbes sans voir où vous marchez (imaginons un petit marécage) et bien, ça n’a rien d’amusant, croyez-moi !

Même paillés et sous cloches, les plants dépérissent…

arbuste écorcé

Retour au verger où un pêcher n’a pas survécu à la cloque et le cerisier a ses feuilles dévorées par je ne sais quelle bestiole.

Vous verrez ci-dessous la tête pitoyable du plant de tomate dans la serre, l’allure maladive des radis, seules les pommes de terre ont l’air de tirer leur épingle du jeu.

Que faut-il donc que je fasse ?

plant de tomate

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Le chant de la grande rivière de Tom Moorhouse

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Je remets à l’honneur ce bon roman jeunesse.

Vous voulez connaître la vie passionnante des campagnols (si, elle est passionnante !) ? Ce très chouette roman jeunesse est fait pour vous.

On suit les aventures, pleines de dangers, de la famille de Sylvan. C’est un jeune campagnol qui vit près de la rivière Sinéthis, celle qui les protège et dont le chant rythme leur vie. Après la mort de la maman (ce n’est pas un scoop, elle survient très rapidement), la fratrie va devoir se débrouiller et subir bien des épreuves. Chacun des frères et soeurs a une personnalité attachante, il y a ceux et celles qui rêvent de voir le monde, celui qui préfère rester au chaud dans le terrier, le méfiant et le téméraire.

Les dangers sont nombreux, les prédateurs guettent, le renard, la loutre, le vison. parfois, on se fait de drôles d’amis, comme les rats.

On apprend avec étonnement que les femelles sont les plus agressives et les plus territoriales, et toute une foule de choses sur cet écosystème familier, la rivière et ses berges. Le texte est drôle, poétique, émouvant. Après cette lecture, vous ne regarderez plus les campagnols de la même façon ! C’est le point fort de ce roman d’ailleurs qui fait d’une petite bête méconnue du grand public, certainement classée comme vulgaire rongeur qui pourrait s’en prendre au potager, en un animal digne d’intérêt.

Il faut préciser que l’auteur,Tom Moorhouse « vit à Oxford, en Angleterre, où il travaille au département zoologique de l’université. En 2013, sa thèse portait sur… les campagnols. Il a également mené à bien un projet de réintroduction de cette espèce menacée. Le Chant de la Grande Rivière est son premier roman, qui sera suivi d’un deuxième tome. »

Le format de ce livre est très agréable et l’illustration de couverture me plait infiniment. Il est labellisé « imprimvert » et s’insère dans la collection fiction nature.

Bref, je recommande chaudement.

Merci aux éditions Helium pour cet envoi.

Traduit par Michelle Nikly.

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