Désobéir de Frédéric Gros

Comme c’est difficile de désobéir, que ce soit à un ordre donné par un supérieur hiérarchique ou une loi qui nous parait injuste. Pourquoi nous comportons-nous comme des petits soldats bien obéissants ? La peur de sortir du rang, de se singulariser ? le conformisme ? La peur du changement, le confort de la routine ? Ou bien un mélange de paresse et de lâcheté ? Voilà la question primordiale à laquelle s’efforce de répondre Frédéric Gros en balayant les motivations humaines, les blocages culturels ou psychologiques et en puisant de nombreux exemples dans l’Histoire ou la littérature, d’Antigone à Thoreau en passant par La Boétie, ou encore le procès Eichmann et l’analyse d’Hannah Arendt ou la glaçante expérience de Milgram (l’obéissance à l’autorité).

Si j’ai tout de suite postulé pour cet ouvrage, c’est évidement car le propos m’intéressait au plus haut point mais aussi parce que la désobéissance civile s’inscrit à mes yeux dans une résistance citoyenne à la destruction de notre planète. Quand je pense désobéissance, je pense en particulier aux zadistes partout dans le monde, aux lanceurs d’alerte, mais aussi les objecteurs de conscience. Ces personnes ont trouvé le moyen de désobéir en engageant leur responsabilité, en opposant devrais-je écrire, leur responsabilité individuelle à la passivité collective. De toutes les pistes de réflexion proposées par Frédéric Gros, l’une d’elle en particulier m’a frappée, et qui fait écho à cette fameuse « banalité du mal » évoquée par Hannah Arendt à propos du nazisme. Lorsqu’on ne désobéit pas, lorsqu’on renonce à critiquer, à défendre la justice et l’égalité, on devient complice, et même, aussi sûrement coupable que ceux qui cherchent à nous soumettre.

«… on se dit que tant de déraison – cette monstruosité démente des inégalités – doit avoir une explication supérieure, théologico-mathématique au moins, et elle ne serait que de surface. C’est bien là la fonction atroce de l’introduction du formalisme mathématique en économie : innocenter celui qui engrange des bénéfices. Non, il n’est pas le salaud de profiteur qui fait crever l’humanité, mais l’humble serviteur de lois dont la souveraineté, la complexité échappent au commun des mortels. J’entends la voix de ces dirigeants surpayés, de ces sportifs millionnaires. Ils se donnent une conscience facile en opposant : «Mais enfin, ces émoluments exorbitants, je ne les ai pas exigés, on me les a proposés ! C’est bien que je dois les valoir.» Allez dire aux travailleurs surexploités qu’ils méritent leur salaire et qu’ils sont sous-payés parce qu’ils sont des sous-hommes.

Pour autant, cet essai n’est pas un appel à la désobéissance, il est plus que ça : c’est un outil destiné à nous faire réellement réfléchir, à nous mettre face à nos responsabilités. Il ne s’agit de désobéir pour le plaisir, histoire de mettre le bazar en société, il s’agit de s’interroger sur la façon dont on peut s’opposer à des mauvaises décisions, à des ordres stupides, dont on peut endiguer le flot des injustices, par des moyens divers et variés, adaptés à la situation et à la personne. Désobéissance ne rime pas forcément avec violence.

Et parfois, la désobéissance, la résistance, se nichent dans de petits actes anodins. J’aime à donner souvent le même exemple sur un thème qui me tient à coeur, dont je parsème souvent mes billets : quand le citoyen se rend compte que les autorités, le gouvernement, à grands renfort d’explications scientifiques destinées à nous rassurer, font main basse sur notre alimentation et notre santé, quand les intérêts économiques priment sur tous les autres, quand ils interdisent l’échange de semences bio, permettent aux multinationales de breveter le vivant, et déclarent la guerre au purin d’ortie, alors, le devoir de chacun c’est de désobéir en cultivant un carré de légumes bios, en utilisant le purin d’ortie au potager, en aidant à développer des jardins familiaux, en échangeant graines et plants avec son voisin. C’est peu et c’est beaucoup à la fois. Et c’est un premier pas.

« Obéir, c’est se faire « le traitre de soi-même ». Au bout du compte on n’obéit pas, ou peu, par peur de l’autre. Ce dont on a peur vraiment – l’inquisiteur de Dostoïevski le redira encore après La Boétie – c’est de la liberté, celle qui oblige, qui met en demeure, et déclenche en chacun de nous ce mouvement de désobéissance qui commence par soi-même ».

Voilà en tout cas un essai à mettre entre toutes les mains, clair et abordable même pour une hermétique à la philo comme moi, à lire et relire. Merci à Babelio et Albin Michel.

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Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs

Comment aurais-je pu passer à côté de ce roman qui a fait l’objet de critiques dithyrambiques aussi bien sur les blogs que dans la presse ? Plus encore, un roman qui a été adapté au cinéma par Tim Burton himself ?

De cette plongée dans un univers fort étrange, on ne ressort pas vraiment indemne. Ce n’est pas tant le récit original et intrigant, ni l’attirance de l’auteur pour les atmosphères lugubres ou macabres, que la présence de ces photos incroyables, portraits en noir et blanc d’enfants bien singuliers, qui permettent au lecteur de s’immerger totalement dans l’univers merveilleux de Ransom Riggs.

Ces enfants particuliers, aux multiples talents qui rappellent fortement les jeunes mutants des X Men, vivent dans une boucle temporelle, guidés et protégés par Miss Peregrine qui est une Ombrune. Le jeune Jacob Portman, héros de ce roman, se retrouve lié à ces étranges créatures, dont son grand-père, décédé dans de mystérieuses conditions, lui narrait les aventures inquiétantes. Ici, la petite histoire de famille (le grand-père de Jacob n’a jamais été très proche de son fils et se rattrape donc avec son petit-fils) rejoint la grande Histoire avec en filigrane la seconde guerre mondiale et le nazisme. Les monstres des Enfants, les Estres, sont les monstres des Humains, et la peur qui s’installe dans le coeur de Jacob est la même que celle qui habite les gens de l’époque où il évolue par la force des choses, ceux et celles que le chaos de la guerre terrifie.

Roman fantastique certes, mais aussi roman d’apprentissage car le jeune Jacob va se forger sa propre personnalité et balayer ses hésitations d’adolescent à travers les multiples péripéties qui vont émailler son voyage.

Un voyage géographique et temporel, car si une boucle se contente de répéter ad vitam aeternam une période précisément délimitée, laissant croire aux plus naïfs que l’immortalité est à portée de main, elle permet également de retourner dans le passé, commodité que Jacob et ses nouveaux amis vont mettre à profit.

Si le personnage du jeune héros est bien sympathique, ce sont bien ces Enfants Particuliers qui retiennent l’attention et captivent, bien plus à mes yeux que l’Ombrune, Miss Peregrine. J’ai donc hâte de lire la suite et ça tombe bien, 2 autres romans suivent plus deux livres dérivés.

Ransom Riggs me plait bien, il a l’air d’un gars plein d’humour comme le laisse supposer son site, très sympa. A suivre.

PS : j’ai vu l’adaptation de Tim Burton, qui retrouve là un peu de sa grandeur passée et ternie il faut bien le dire par quelques navets commerciaux. Le film est plutôt chouette mais le livre est meilleur…

 

 

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Craig Johnson, la saga Longmire tomes 5 et 6

Il faut croire que je suis plus accro que je n’ai bien voulu l’admettre dans un précédent billet car j’ai dévoré dans la foulée, Molosses et Dark horse, deux autres titres disponibles en poche, ayant toujours pour héros le shérif Walt Longmire. Cette fois, les animaux sont à l’honneur, des chiens et des chevaux, eux aussi en quelque sorte victimes collatérales des hommes.

Dans Molosses, Longmire trouve un doigt humain à la déchetterie locale qui va le conduire à démêler une drôle d’embrouille. Entre préoccupations familiales (sa fille Cady est sur le point de se marier) et casse-tête amoureux (son insupportable adjointe cherche rageusement à ferrer sa prise), Longmire doit non seulement boucler son enquête mais aussi gérer le mal-être du Basque qui ne s’est pas vraiment remis de son agression. Au milieu de tout ça, on croise une galerie de personnages plus ou moins déjantés (c’est fou le nombre d’originaux qui peuplent ce comté ! ) sur lesquels Henry Stand Bear, comme d’habitude, promène son regard acéré de philosophe.

« Quelle est la situation qui coïncide avec le commencement de ces symptômes ?
– Probablement le Combat des guerriers invisibles, en octobre.
– Le Combat des guerriers invisibles ?
– Ouaip, ou alors, c’est quand je me suis fait piétiner par un cheval, cisailler les jambes par un Vietnamien, écrasé par un Indien de 2,10 m, ou quand je suis tombé du pare-chocs arrière d’une voiture à Philadelphie, ou que je me suis battu avec un camé, ou que j’ai été bouffé par le gel dans la montagne. (Il poursuivit son examen, le visage inquiet.) Cette dernière année a été assez chargée, comme ne cesse de me le rappeler Isaac Bloomfield. »

Ce tome est dans doute le plus léger de la saga, au contraire de Dark Horse que j’ai beaucoup aimé mais qui m’a causé quelques sueurs froides… un suspecte qui veut se laisser mourir de faim, des chevaux brûlés vif dans un incendie, et une petite bourgade peu accueillante où se côtoient à nouveau de drôles de personnages. Le contraste est toujours aussi saisissant, car au décor naturel grandiose du Wyoming que Johnson se plait toujours à magnifier entre deux cadavres, se heurte toujours les crapules les plus veules et les morts sordides. Le shérif s’en prend plein la tronche (une mémorable scène de combat dans un bar…) et même le FBI est sur le coup, signe que cette fois, l’enquête peut échapper à tout contrôle. Nulle impression de répétition avec ces deux nouvelles enquêtes, Johnson poursuit son bonhomme de chemin en piochant allègrement dans tous les cas de figure possibles et imaginables.

Un 7ème tome est sorti il y a quelques jours, je serai de retour pour une nouvelle chronique.

« – Vous avez travaillé longtemps pour les Barsad ?
Il soupira.
– A peu près les quatre plus longues années d’ma vie. (Il tendit la main et caressa l’épaisse fourrure du chien.) Il aimait pas les animaux, et j’me méfie des gens qu’aiment pas les animaux. Et j’vais vous dire, les animaux sont les meilleures gens que je connaisse. »
(Hershel à propos de Wade Barsad)

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Craig Johnson, la saga Longmire 1 à 4

Et voilà, j’ai enfin fait connaissance avec le shérif Walt Longmire, le plus célèbre représentant de la loi du comté d’Absaroka dans le Wyoming. Ah, le Wyoming, ses grands espaces et ses rivières limpides, ses citoyens cheyennes et ses crimes crapuleux…. Ce n’est pas parce que c’est un polar mâtiné de nature writing que les enquêtes sont gentillettes. Little bird nous conte l’histoire d’une vengeance, celle qui s’exerce sur les quatre auteurs d’un viol collectif, d’autant plus immonde (si tant est qu’on puisse parler de graduation dans les cas de viol !) qu’il a été commis sur une jeune indienne qualifié d’un peu « simplette ».

J’avoue que dès les premières pages, je n’ai pas été plus enthousiaste que ça. Cette sordide enquête m’en rappelait d’autres (hello, Larry Watson…) et cet air de déjà-lu ne me  disait rien qui vaille, et puis Longmire lui-même me laissait dubitative : je me figurais bien ce grand type un peu lent, cinquantenaire et veuf, à la mélancolie un peu irritante, perpétuellement entouré de femmes protectrices, lui-même ayant une tendance assez marquée à tomber un peu amoureux de chaque créature féminine croisée, quel que soit leur âge… Fort heureusement, Walt a aussi de très bons côtés qui font oublier ses petits défauts : son sens de la justice, son affection pour le peuple Cheyenne, sa compassion pour les animaux. Et puis il est flanqué d’un meilleur ami que je considère comme étant peut-être le véritable héros de la saga Longmire : Henry Standing Bear, patron de bar et philosophe, costaud au coeur tendre et admirable observateur de la nature humaine.

M’étant accoutumée à ce drôle de shérif au fil des pages, j’ai donc enchaîné avec les romans disponibles en poche, d’abord Le camp des morts, suite directe de Little bird, où il est question de querelle autour d’un testament et de vie de femme battue (ben là aussi, c’est pas gai…) puis L’indien blanc où Longmire quitte, une fois n’est pas coutume, son cher Wyoming, pour Philadelphie, haut lieu du crime où travaille sa fille Cady, pour revenir enfin chez les cow-boys avec Enfants de poussière où le shérif va se retrouver confronté à son passé d’enquêteur dans les Marines durant la guerre du Vietnam. L’occasion pour le lecteur de découvrir un pan du trafic lié à la prostitution de jeunes vietnamiennes et de croiser un personnage digne d’intérêt, Virgil White Buffalo. Que du réjouissant…

Evidemment, au bout de quatre romans, on peut dire que Longmire est devenu un ami (malgré une fâcheuse tendance à se regarder dans la glace et s’amouracher su premier jupon croisé). Et pas que lui. Outre Henry (mais comment ne pas être admirative de ce gars, franchement ? ), j’avoue un faible marqué pour l’irascible Lucian Connaly, le mentor de Longmire, qui malgré son âge, est toujours capable de tirer plus vite que son ombre. A eux trois, les enquêtes sont résolues en un tour de main. Certains autres personnages m’intéressent moins, et notamment l’insupportable adjointe, Vic, qui jure comme un charretier, tandis que d’autres gagnent à être développés comme la dernière recrue, Santiago. Il y a donc matière à exploiter plein d’autres pistes dans les prochains romans.

La grande force de Johnson, outre cette écriture efficace et son rythme lancinant, c’est cette parfaite connaissance de la vie dans les petites bourgades (et pour cause, l’auteur vit dans le Wyoming), cette admiration non feinte pour la nation Indienne et sa spiritualité, qui me touche tout spécialement et son indulgence sans bornes pour les femmes qui ont toujours le beau rôle dans les enquêtes. Si l’on ajoute son affection pour les bêtes (de beaux passages consacrés en particulier aux chevaux et aux chiens), je dirais que tous les ingrédients sont réunis pour en faire une série plus qu’attachante.

A noter que le premier récit que j’ai lu de Johnson était une nouvelle gratuite, proposée en téléchargement par Gallmeister : un vieux truc indien, j’avais adoré !

Une série a été adaptée des Longmire, je ne sais pas du tout ce que ça vaut…

Plein d’autres avis sur babelio lecture/Ecriture et Keisha.

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La Hulotte n° 105

Dans ce nouveau numéro toujours très drôle, honneur à la petite chouette chevêche, également surnommée, entre bien d’autres noms, chouette d’Athéna. Ce  rapace est un modèle de discrétion dans nos paysages familiers. Sa petite taille et son sens du camouflage font de lui un hôte presque invisible de nos prairies et de nos bocages.

Cette chouette est pourtant l’une de nos proches voisines, car elle dédaigne les grands bois pour des espaces plus  cultivés, où elle peut être certaine de repérer facilement ses proies. C’est qu’elle a grand appétit et qu’elle n’est pas difficile, la bougresse : batraciens, insectes, orvets, mulots, lézards et même lapins, poules d’eau ou noctules ! Personne n’est à l’abri ! Si en plus du couvert, vous pouvez lui procurer un gîte de luxe du type cavité dans un arbre mort, la chevêche viendra habiter sur vos terres pour le restant de ses jours. Et oui, car elle est casanière et très routinière…

Comme toujours chez la Hulotte, textes et illustrations sont des plus réjouissants et on apprend une foule de choses sur ce petit rapace bien attachant.

Dernière chose, en certains lieux la chevêche frôle l’extinction pour des raisons hélas évidentes et communes à tant d’autres espèces animales : destruction des haies, disparition des vieux arbres creux et épandage d’insecticides. En clair, les agriculteurs et leurs machines diaboliques sont responsables de la crise du logement que subissent les chouettes d’Athéna. Pensons à elle en plantant des arbres et en épargnant ceux qui sont encore debout !

photo : rapaces.lpo

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S’accrocher aux étoiles de Katie Khan

Je crois bien que j’ai un faible pour le catalogue des éditions super 8, je leur dois de belles découvertes, dont « Carter contre le diable » ou « Au service surnaturel de sa majesté », entre autres. Voici une autre très bonne surprise avec cette romance intersidérale qui, il est vrai, rappelle énormément le scénario de Gravity, lequel aurait été saupoudré d’une romance comme je les aime.

Elle c’est Carys, qui a l’étoffe d’une héroïne, c’est à dire qu’elle pilote des navettes,  lui c’est max, cuisinier qui se rêve pilote. Nos deux tourtereaux vivent dans la société du futur où il a été édicté que l’on ne peut vivre en couple en deçà de l’âge de 35 ans. Comme le rappelle l’un des personnages : sur Utopia, c’est l’individualisme quand tu es jeune, la famille quand tu es vieux ! L’auteure nous dépeint une nouvelle société qui parait idéale, mais vous savez bien comment ça se passe avec ce type société : il y a toujours un quidam pour gratter là où ça fait mal, pour réfléchir et pour se dire, ben non, finalement, c’est pas si bien que ça.

Et Carys et Max ont l’idée pas très sage de s’aimer à 25 ans, autant dire qu’ils vont se faire mal voir… Bien sûr, la punition, si l’on peut appeler ça comme ça, ne tarde pas à tomber. Une ceinture d’astéroïdes gêne considérablement les vols spatiaux, et les instances dirigeantes décident d’envoyer notre couple maudit jouer les cobayes et accessoirement les kamikazes. Et c’est évidemment lorsqu’ils sont enfin dans l’espace, que la comparaison avec le film Gravity vous saute aux yeux.

Et pourtant, on aurait tort d’y voir une pâle copie du film. D’abord, parce que l’histoire d’amour entre Carys et Max est touchante et intense, et que les chapitres alternent entre leur passé commun, leur rencontre et ce qui s’ensuivit, et ce suspense insoutenable qui se diffuse dans ceux consacrés au voyage dans l’espace. Mais surtout, le tour de force de Katia Khan, c’est cette fin brillante et originale, qui peut paraitre un brin frustrante mais qui satisfera obligatoirement le lecteur ou la lectrice. C’est beau l’amour, quand même….

Trêve de sottises, un bon roman qui m’a touchée, ni glauque, ni sordide, ni vulgaire… ça fait du bien. Et en prime (mais qui en aurait douté ? ) il va être adapté au cinéma. Que demander de plus ?

Grand merci à Babelio et à l’éditeur pour ce masse critique.

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Jean-Baptiste Del Amo, lauréat du livre inter 2017 pour « règne animal »

Excellente nouvelle !

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-05-juin-2017

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Le mur invisible de Marlen Haushofer

Attention coup de coeur !

Imaginez qu’un beau jour, vous vous retrouvez toute seule dans une maison en lisière de forêt. Tous les autres êtres humains (et pas qu’eux d’ailleurs) ont succombé à un mal mystérieux et vous devez survivre sur un espace délimité par un mur invisible que vous ne pouvez franchir.

Tel est le point de départ d’une histoire bien singulière qui fait d’une simple femme la véritable héroïne d’un récit troublant sur la capacité de chacun à survivre, sur l’isolement, la solitude et la condition féminine.

Mélangez La route de McCarthy, Julius Winsome de Gerard Donovan et Une année à la campagne de Sue Hubbell et vous aurez une petite idée de ce que j’ai pu ressentir durant cette lecture, ces trois romans m’ayant particulièrement marquée…

C’est un récit doux-amer qui étreint le coeur car cette femme seule, passées les premières heures de stupeur et d’incompréhension, doit rapidement s’organiser si elle veut pouvoir survivre à ce qu’elle pense être une anomalie passagère. Plongée en pleine nature, il lui faudra travailler la terre, tâche dure et répétitive ou encore chasser quelques bêtes sauvages.Cet isolement aurait pu la conduire à la folie sans la présence salvatrice du chien, des chats, d’une vache et de son veau.

Cette femme nous fait ainsi part de ses réflexions et constats sur ce monde sauvage qui l’entoure. La nature n’est jamais décrite comme bienveillante ou hostile, elle est, tout simplement, et notre infortunée héroïne doit s’en accommoder. Tuer un animal pour se nourrir lui répugne et peu à peu son regard change sur la forêt et ses hôtes. La femme et les bêtes font partie du même univers et doivent apprendre la cohabitation et la tolérance.

Les passages décrivant ses relations avec ses animaux domestiques sont justes et touchants, pour ne pas dire poignants. Ils deviennent compagnons de route et amis sincères, chaque ayant sa propre personnalité. Toute personne ayant des animaux sait qu’un chat ne se comportera pas de la même façon qu’un chien, et qu’une vache est loin d’être un steak sur pattes, pour peu qu’on lui prête un peu d’attention…

Ce sont eux, ces amis à quatre pattes, qui la sauvent du découragement et du désespoir. C’est un peu comme si l’auteur avait voulu mettre la femme et les animaux au même niveau, rappelant cette nécessaire union pour survivre face à l’adversaire commun : l’homme, qui dans sa brutalité et sa violence, est cause de tous les maux sur terre. Car l’homme va bien finir par surgir dans cette histoire, et je dis : à chacun d’en tirer sa conclusion.

Une lecture que je n’oublierai pas de sitôt, triste et dérangeante, qui laisse un goût amer une fois la dernière page tournée.

Un autre avis chez Keiha

PS : j’ai hâte de voir le film qui en a tiré.

 

 

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Zoothérapie de José Sarica

La zoothérapie est discipline dans laquelle des scientifiques utilisent le lien entre l’humain et l’animal comme outil thérapeutique, notamment dans la cadre de maladies mentales, mais pas seulement. On sait tous, en tout cas pour ceux qui ont des animaux de compagnie, à quel point la présence d’un animal peut être primordiale au quotidien. Que l’on cohabite, comme moi, avec des chats, des chevaux ou des poules, peu importe, leurs attitudes et comportements envers moi est toujours source de réconfort. Je pense qu’ils m’apportent bien plus que ce que je suis capable de leur offrir… J’étais donc curieuse d’en savoir un peu plus en la matière, et, comme l’auteur est-lui même zoothérapeute, je me suis dit que c’était l’ouvrage idéal.

C’est donc un récit qui retrace le parcours personnel de José Sarica et de son chien, Chico, véritable aide-infirmier, jalonné d’exemples et retours d’expériences, un enfant autiste, un adulte souffrant de dépression sévère, etc.

Son point de vue est plutôt intéressant, son parcours atypique aussi, je n’ai rien à redire sur la personnalité de ce zoothérapeute. Non, ce qui m’a interpellée, c’est l’utilisation des animaux pour aider des humains. Bien que José Sarica aime indéniablement son chien, il lui demande de faire parfois des choses que le chien n’aime pas, pour aider un patient. Par exemple, Chico n’aime pas l’eau, il lui faudra pourtant un jour aller se baigner en mer pour aider une gamine en difficulté. Ce n’est pas grand-chose, rien d’outrageant, mais une fois de plus, ce qui me dérange, c’est l’utilisation de l’animal, considéré comme outil thérapeutique. Je peux comprendre et admettre que des animaux de compagnie puissent tenir ce rôle, notamment chiens et chats, de par leur proximité avec l’homme. Et encore, il ne faut pas demander grand-chose à un chat, c’est toujours lui qui décide… En revanche, j’ai été plus que sceptique sur le programme axé autour des dauphins.

José Sarica s’est notamment formé au Québec, les nord-américains étant plus avancés que les français dans cette discipline. Or, au Canada et aux USA, des programmes utilisant la présence des dauphins en captivité sont développés notamment pour travailler sur l’autisme. Et là, je suis extrêmement réticente. J’ai déjà lu des articles et même hélas, écouté des amis de retour de vacances, évoquer ces lieux touristiques où des vacanciers peuvent, l’espace d’une journée, nager avec des dauphins. A les entendre, le dauphin aime ça puisqu’il « sourit », ne mord pas et entraine joyeusement le touriste cramponné à la nageoire caudale dans une petite ronde bien sympathique… Vous m’excuserez mais si on demandait son avis au dauphin, je parierai tout ce que vous voulez qu’il préférerait s’amuser avec ses compagnons au large…. Et bien la zoothérapie appliquée à des animaux sauvages captifs, qui a pour moi les mêmes conséquences puisque le dauphin est contraint, me gêne énormément.

Enfin, dernier point, l’auteur travaille dans un cadre sécurisant pour l’animal, avec des règles à respecter, et c’est tout à son honneur. Mais j’ai en mémoire quelques expériences tentées dans des prisons ou des instituts psychiatriques où des animaux, laissés sans surveillance, sont parfois maltraités par ceux à qui ils sont censés apporter du réconfort. Donc, l’animal domestique utilisé comme outil thérapeutique devrait être traité avec précaution et respect, une règle de base à ne jamais oublier.

Voilà, j’aurai au moins appris des choses sur la zoothérapie et notamment que la plupart d’entre nous sont des M. Jourdain en puissance, on fait de la zoothérapie avec nos animaux sans le savoir !

Merci à Babelio pour ce masse critique

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Les déchets ça suffit ! de Jacques Exbalin

Vous allez penser « encore un livre sur les déchets », oui, mais celui-là est drôlement bien pour deux raisons. D’abord il est écrit par un homme engagé, mais un « monsieur-tout-le-monde ». Il a été enseignant, pratiquant l’éducation à l’environnement, a monté son association et surtout a été bénévole pour ramasser les déchets, partout où il pouvait. Et le regard d’un citoyen actif, présent sur le terrain, ça change tout !

Ensuite, parce que malgré les milliers d’articles écrits sur les déchets, Jacques Exbalin m’a pourtant appris des choses. Pas de risque donc, d’avoir un sentiment de « déjà vu-lu-entendu » au cours de cette lecture.

L’ouvrage est centré plus précisément autour du plastique, ce fléau des temps modernes, et l’auteur analyse avec logique les effets pervers d’une consommation immodérée de ce dérivé du pétrole dans notre vie quotidienne. A ceux qui se fichent totalement de savoir que des animaux meurent tous les jours en ingurgitant des sacs plastiques, sachez qu’on s’empoisonne lentement mais sûrement, nous, humains,  (avis aux amateurs de miel, d’huitres ou de bière !) à cause notamment (mais pas que) des micro-billes que l’on trouve désormais dans un grand nombre de produits. Et si on commence tous à connaître les effets de la pollution due aux plastiques dans les océans, on demeure encore largement ignorant de celle qui atteint nos réserves d’eau douce, comme nos lacs par exemple. Même nos articles de randonnée (les chaussures pour ne nommer qu’un accessoire) peuvent polluer à cause de leurs composants, c’est ahurissant !

Mais ce livre ne contient pas que de mauvaises nouvelles et informations déprimantes, l’auteur relève quelques méthodes ou inventions qui peuvent contribuer à faire baisser le volume des déchets. Et puis surtout, à l’instar de la famille zéro déchets, sachez que nous pouvons tous agir dans notre vie quotidienne grâce à nos choix de consommation.

Enfin, il n’est pas interdit, non plus, d’aller donner un coup de main à une association de temps en temps, pour aller collecter les déchets sur un site naturel. Dans presque tous les départements, on peur trouver au moins une journée dédiée au ramassage des dépôts sauvages.

Un ouvrage court (130 pages seulement !), percutant et bourré d’infos qui est un excellent complément au livre de la famille zéro déchets.

Catégories : Lire pour agir | 2 Commentaires

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