S’accrocher aux étoiles de Katie Khan

Je crois bien que j’ai un faible pour le catalogue des éditions super 8, je leur dois de belles découvertes, dont « Carter contre le diable » ou « Au service surnaturel de sa majesté », entre autres. Voici une autre très bonne surprise avec cette romance intersidérale qui, il est vrai, rappelle énormément le scénario de Gravity, lequel aurait été saupoudré d’une romance comme je les aime.

Elle c’est Carys, qui a l’étoffe d’une héroïne, c’est à dire qu’elle pilote des navettes,  lui c’est max, cuisinier qui se rêve pilote. Nos deux tourtereaux vivent dans la société du futur où il a été édicté que l’on ne peut vivre en couple en deçà de l’âge de 35 ans. Comme le rappelle l’un des personnages : sur Utopia, c’est l’individualisme quand tu es jeune, la famille quand tu es vieux ! L’auteure nous dépeint une nouvelle société qui parait idéale, mais vous savez bien comment ça se passe avec ce type société : il y a toujours un quidam pour gratter là où ça fait mal, pour réfléchir et pour se dire, ben non, finalement, c’est pas si bien que ça.

Et Carys et Max ont l’idée pas très sage de s’aimer à 25 ans, autant dire qu’ils vont se faire mal voir… Bien sûr, la punition, si l’on peut appeler ça comme ça, ne tarde pas à tomber. Une ceinture d’astéroïdes gêne considérablement les vols spatiaux, et les instances dirigeantes décident d’envoyer notre couple maudit jouer les cobayes et accessoirement les kamikazes. Et c’est évidemment lorsqu’ils sont enfin dans l’espace, que la comparaison avec le film Gravity vous saute aux yeux.

Et pourtant, on aurait tort d’y voir une pâle copie du film. D’abord, parce que l’histoire d’amour entre Carys et Max est touchante et intense, et que les chapitres alternent entre leur passé commun, leur rencontre et ce qui s’ensuivit, et ce suspense insoutenable qui se diffuse dans ceux consacrés au voyage dans l’espace. Mais surtout, le tour de force de Katia Khan, c’est cette fin brillante et originale, qui peut paraitre un brin frustrante mais qui satisfera obligatoirement le lecteur ou la lectrice. C’est beau l’amour, quand même….

Trêve de sottises, un bon roman qui m’a touchée, ni glauque, ni sordide, ni vulgaire… ça fait du bien. Et en prime (mais qui en aurait douté ? ) il va être adapté au cinéma. Que demander de plus ?

Grand merci à Babelio et à l’éditeur pour ce masse critique.

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Jean-Baptiste Del Amo, lauréat du livre inter 2017 pour « règne animal »

Excellente nouvelle !

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-05-juin-2017

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Le mur invisible de Marlen Haushofer

Attention coup de coeur !

Imaginez qu’un beau jour, vous vous retrouvez toute seule dans une maison en lisière de forêt. Tous les autres êtres humains (et pas qu’eux d’ailleurs) ont succombé à un mal mystérieux et vous devez survivre sur un espace délimité par un mur invisible que vous ne pouvez franchir.

Tel est le point de départ d’une histoire bien singulière qui fait d’une simple femme la véritable héroïne d’un récit troublant sur la capacité de chacun à survivre, sur l’isolement, la solitude et la condition féminine.

Mélangez La route de McCarthy, Julius Winsome de Gerard Donovan et Une année à la campagne de Sue Hubbell et vous aurez une petite idée de ce que j’ai pu ressentir durant cette lecture, ces trois romans m’ayant particulièrement marquée…

C’est un récit doux-amer qui étreint le coeur car cette femme seule, passées les premières heures de stupeur et d’incompréhension, doit rapidement s’organiser si elle veut pouvoir survivre à ce qu’elle pense être une anomalie passagère. Plongée en pleine nature, il lui faudra travailler la terre, tâche dure et répétitive ou encore chasser quelques bêtes sauvages.Cet isolement aurait pu la conduire à la folie sans la présence salvatrice du chien, des chats, d’une vache et de son veau.

Cette femme nous fait ainsi part de ses réflexions et constats sur ce monde sauvage qui l’entoure. La nature n’est jamais décrite comme bienveillante ou hostile, elle est, tout simplement, et notre infortunée héroïne doit s’en accommoder. Tuer un animal pour se nourrir lui répugne et peu à peu son regard change sur la forêt et ses hôtes. La femme et les bêtes font partie du même univers et doivent apprendre la cohabitation et la tolérance.

Les passages décrivant ses relations avec ses animaux domestiques sont justes et touchants, pour ne pas dire poignants. Ils deviennent compagnons de route et amis sincères, chaque ayant sa propre personnalité. Toute personne ayant des animaux sait qu’un chat ne se comportera pas de la même façon qu’un chien, et qu’une vache est loin d’être un steak sur pattes, pour peu qu’on lui prête un peu d’attention…

Ce sont eux, ces amis à quatre pattes, qui la sauvent du découragement et du désespoir. C’est un peu comme si l’auteur avait voulu mettre la femme et les animaux au même niveau, rappelant cette nécessaire union pour survivre face à l’adversaire commun : l’homme, qui dans sa brutalité et sa violence, est cause de tous les maux sur terre. Car l’homme va bien finir par surgir dans cette histoire, et je dis : à chacun d’en tirer sa conclusion.

Une lecture que je n’oublierai pas de sitôt, triste et dérangeante, qui laisse un goût amer une fois la dernière page tournée.

Un autre avis chez Keiha

PS : j’ai hâte de voir le film qui en a tiré.

 

 

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Zoothérapie de José Sarica

La zoothérapie est discipline dans laquelle des scientifiques utilisent le lien entre l’humain et l’animal comme outil thérapeutique, notamment dans la cadre de maladies mentales, mais pas seulement. On sait tous, en tout cas pour ceux qui ont des animaux de compagnie, à quel point la présence d’un animal peut être primordiale au quotidien. Que l’on cohabite, comme moi, avec des chats, des chevaux ou des poules, peu importe, leurs attitudes et comportements envers moi est toujours source de réconfort. Je pense qu’ils m’apportent bien plus que ce que je suis capable de leur offrir… J’étais donc curieuse d’en savoir un peu plus en la matière, et, comme l’auteur est-lui même zoothérapeute, je me suis dit que c’était l’ouvrage idéal.

C’est donc un récit qui retrace le parcours personnel de José Sarica et de son chien, Chico, véritable aide-infirmier, jalonné d’exemples et retours d’expériences, un enfant autiste, un adulte souffrant de dépression sévère, etc.

Son point de vue est plutôt intéressant, son parcours atypique aussi, je n’ai rien à redire sur la personnalité de ce zoothérapeute. Non, ce qui m’a interpellée, c’est l’utilisation des animaux pour aider des humains. Bien que José Sarica aime indéniablement son chien, il lui demande de faire parfois des choses que le chien n’aime pas, pour aider un patient. Par exemple, Chico n’aime pas l’eau, il lui faudra pourtant un jour aller se baigner en mer pour aider une gamine en difficulté. Ce n’est pas grand-chose, rien d’outrageant, mais une fois de plus, ce qui me dérange, c’est l’utilisation de l’animal, considéré comme outil thérapeutique. Je peux comprendre et admettre que des animaux de compagnie puissent tenir ce rôle, notamment chiens et chats, de par leur proximité avec l’homme. Et encore, il ne faut pas demander grand-chose à un chat, c’est toujours lui qui décide… En revanche, j’ai été plus que sceptique sur le programme axé autour des dauphins.

José Sarica s’est notamment formé au Québec, les nord-américains étant plus avancés que les français dans cette discipline. Or, au Canada et aux USA, des programmes utilisant la présence des dauphins en captivité sont développés notamment pour travailler sur l’autisme. Et là, je suis extrêmement réticente. J’ai déjà lu des articles et même hélas, écouté des amis de retour de vacances, évoquer ces lieux touristiques où des vacanciers peuvent, l’espace d’une journée, nager avec des dauphins. A les entendre, le dauphin aime ça puisqu’il « sourit », ne mord pas et entraine joyeusement le touriste cramponné à la nageoire caudale dans une petite ronde bien sympathique… Vous m’excuserez mais si on demandait son avis au dauphin, je parierai tout ce que vous voulez qu’il préférerait s’amuser avec ses compagnons au large…. Et bien la zoothérapie appliquée à des animaux sauvages captifs, qui a pour moi les mêmes conséquences puisque le dauphin est contraint, me gêne énormément.

Enfin, dernier point, l’auteur travaille dans un cadre sécurisant pour l’animal, avec des règles à respecter, et c’est tout à son honneur. Mais j’ai en mémoire quelques expériences tentées dans des prisons ou des instituts psychiatriques où des animaux, laissés sans surveillance, sont parfois maltraités par ceux à qui ils sont censés apporter du réconfort. Donc, l’animal domestique utilisé comme outil thérapeutique devrait être traité avec précaution et respect, une règle de base à ne jamais oublier.

Voilà, j’aurai au moins appris des choses sur la zoothérapie et notamment que la plupart d’entre nous sont des M. Jourdain en puissance, on fait de la zoothérapie avec nos animaux sans le savoir !

Merci à Babelio pour ce masse critique

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Les déchets ça suffit ! de Jacques Exbalin

Vous allez penser « encore un livre sur les déchets », oui, mais celui-là est drôlement bien pour deux raisons. D’abord il est écrit par un homme engagé, mais un « monsieur-tout-le-monde ». Il a été enseignant, pratiquant l’éducation à l’environnement, a monté son association et surtout a été bénévole pour ramasser les déchets, partout où il pouvait. Et le regard d’un citoyen actif, présent sur le terrain, ça change tout !

Ensuite, parce que malgré les milliers d’articles écrits sur les déchets, Jacques Exbalin m’a pourtant appris des choses. Pas de risque donc, d’avoir un sentiment de « déjà vu-lu-entendu » au cours de cette lecture.

L’ouvrage est centré plus précisément autour du plastique, ce fléau des temps modernes, et l’auteur analyse avec logique les effets pervers d’une consommation immodérée de ce dérivé du pétrole dans notre vie quotidienne. A ceux qui se fichent totalement de savoir que des animaux meurent tous les jours en ingurgitant des sacs plastiques, sachez qu’on s’empoisonne lentement mais sûrement, nous, humains,  (avis aux amateurs de miel, d’huitres ou de bière !) à cause notamment (mais pas que) des micro-billes que l’on trouve désormais dans un grand nombre de produits. Et si on commence tous à connaître les effets de la pollution due aux plastiques dans les océans, on demeure encore largement ignorant de celle qui atteint nos réserves d’eau douce, comme nos lacs par exemple. Même nos articles de randonnée (les chaussures pour ne nommer qu’un accessoire) peuvent polluer à cause de leurs composants, c’est ahurissant !

Mais ce livre ne contient pas que de mauvaises nouvelles et informations déprimantes, l’auteur relève quelques méthodes ou inventions qui peuvent contribuer à faire baisser le volume des déchets. Et puis surtout, à l’instar de la famille zéro déchets, sachez que nous pouvons tous agir dans notre vie quotidienne grâce à nos choix de consommation.

Enfin, il n’est pas interdit, non plus, d’aller donner un coup de main à une association de temps en temps, pour aller collecter les déchets sur un site naturel. Dans presque tous les départements, on peur trouver au moins une journée dédiée au ramassage des dépôts sauvages.

Un ouvrage court (130 pages seulement !), percutant et bourré d’infos qui est un excellent complément au livre de la famille zéro déchets.

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Patte-Blanche de Marie-Aude Murail

Je cherchais un titre de M.A. Murail pour l’un de mes neveux, adapté à son âge, et je tombe sur ce titre dont un loup est plus ou moins le héros. J’étais bien curieuse de savoir si l’auteure allait, comme tant d’autres, nous dépeindre un « grand méchant loup » et j’ai donc commencé ma lecture, assez sceptique.

Mais le fond comme la forme m’ont séduite. L’histoire commence conne un conte traditionnel, et on peut bien songer à quelques références célèbres chez Grimm ou Perrault entre autres. Mais ici, c’est le chasseur, grand tueur de loups, qui a le mauvais rôle. L’animal lui, est perçu comme une créature magique qui permet au méchant de l’histoire de dévoiler son abominable forfait. Sous l’apparence légère du conte, Marie-Aude Murail nous livre un récit bien sombre, qui traite du rejet d’un enfant, d’une séparation douloureuse (thème intéressant de la gémellité) et enfin de créatures soit-disant féroces, se montrant plus généreuses que le seigneur de cette courte histoire.

Autant d’enseignements à tirer pour l’enfant qui s’essaiera à lire seul, et un parfum de nostalgie, sans aucun doute, pour l’adulte qui aura la curiosité d’ouvrir ce livre bien sympathique.

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Anne la maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery

C’est avec l’excellente mini série canadienne diffusée sur une chaîne cablée la fin des années 80 je crois, que je fis connaissance avec l’univers de Lucy Maud Montgomery, l’auteur de ce cette délicieuse saga.
Une distribution irréprochable, la charmante Megan Follows en tête, une reconstitution fidèle et des paysages à couper le souffle (depuis cette époque je rêve d’aller passer quelques jours sur l’île du Prince Edouard), voilà qui me donna envie de découvrir les romans.
Le seul premier volume était édité chez Presses Pocket à l’époque. Pour trouver les trois autres,  j’ai dû les commander dans une fantastique librairie canadienne à Paris, the Abbeybook shop.

Anne Shirley est une jeune orpheline recueillie par les Cuthbert à Green Gables, sur l’Ile-du-Prince-Édouard au début du siècle dernier. Enfant débrouillarde, vive et intelligente, Anne est dotée d’une grande sensibilité et d’une imagination enflammée. De bêtises en découvertes, la jeune orpheline va conquérir le coeur de Marilla et Matthew et se faire une place à Avonlea. J’ai suivi avec délices les aventures de cette gamine puis jeune fille si romanesque, avec une légère angoisse quand même : finira-t-elle par tomber réellement amoureuse de son camarade Gilbert Blythe avec qui elle ne cesse de se chamailler depuis l’école ?

Un roman plein de charme, de poésie, de simplicité qui réjouit le coeur. Pourquoi cette série plait-elle autant ? Peut-être parce que Anne a toujours le don de déceler un peu de bonté en chaque personne et beaucoup de merveilleux en chaque chose, un arbre, un petit vallon couvert de fleurs, une allée délicieusement ombragée par des arbres séculaires. L’humour n’est pas absent, loin de là, surtout si l’on écoute les commérages de Rachel Lynde par exemple. Et puis certainement parce que chaque lecteur se surprend  à désirer vivre en un pareil lieu, aux paysages enchanteurs, où la vie semble si douce.

Enfin, il est beaucoup question de littérature. Anne en effet, bien que douée dans toutes les matières, domine surtout en littérature. C’est elle qui est choisie pour représenter l’école à l’occasion d’un événement artistique et qui récite sur scène le bandit de grand chemin d’Alfred Noyes. Elle encore qui, alors qu’elle est institutrice, monte une pièce avec ses élèves, elle enfin qui écrit son premier livre alors qu’elle s’est exilée loin d’Avonlea. Il y a évidemment beaucoup de la personnalité de LM Montgomery dans le personnage d’Anne…

Ce fut donc une grande découverte dans ma vie de lectrice. Si je les relis en ce moment, c’est qu’une nouvelle mini série a vu le jour, la première saison s’est terminée fin avril. Ayant regardé le trailer et quelques extraits, je peux d’ores et déjà affirmer que ça me plait bien, et que les deux jeunes acteurs qui ont la lourde tâche d’endosser les rôles d’Anne (Amybeth Mc Nulty) et de Gilbert (Lucas Jade Zumann) sont bien craquants. J’ai hâte de visionner cette nouvelle mouture…

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Quelques minutes après minuit de Patrick Ness

C’est bien difficile d’évoquer la maladie, surtout si c’est le cancer et surtout si c’est maman qui est malade.  Que peut-on donc bien faire un gamin de 13 ans si ce n’est des cauchemars ? Conor ne peut pas vraiment compter sur son amie d’enfance dont les maladresses le mettent au supplice, ni sur son père, lequel se cantonne plutôt aux abonnés absents ni sur la grand-mère quelque peu brusque et revêche. Conor semble donc bien seul pour affronter son chagrin… jusqu’à l’irruption dans sa vie d’un if monstrueux qui s’est mis en tête de raconter des histoires à ce garçon solitaire… Cette apparition pour le moins surprenante et presque terrifiante permet au récit de trouver sa propre voix et de se démarquer de romans traitant du même sujet.

Quelle drôle d’idée, à la fois macabre et poétique, que la présence de cet arbre fantastique qui non seulement repousse les cauchemars mais livre sa leçon de sagesse sous la forme de trois contes édifiants et empreints d’une certaine subtilité. Comprendre, accepter, mettre des mots sur sa peine, faire son deuil… autant de sentiments ou d’actions enclenchés par la seule présence de ce monstre chevelu et millénaire qui n’est pas la moindre  des trouvailles de ce touchant récit.

Décidément, c’est bien en littérature jeunesse que je trouve ces pépites depuis quelques années. J’ajouterai enfin que j’ai été sensible à la préface de l’auteur, lequel évoque le décès de l’écrivaine à l’origine de cette histoire. Un roman terriblement attachant, découvert grâce aux lectrices et lecteurs de Babelio (145 avis à ce jour !).

PS : Le livre a eu droit à son adaptation ciné.

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Simple de Marie-Aude Murail

Monsieur Pinpin, c’est la star de ce roman, c’est donc bien normal qu’il figure seul sur la couverture. « Simple sans monsieur Pinpin, c’était comme monsieur Pinpin sans Simple : la fin de tout ». Ce n’est pas que monsieur Pinpin soit le seul ami de Simple, non, mais c’est quand même bien pratique d’avoir une peluche prête à endosser toutes les bêtises qui vous passent par la tête. Mais surtout, monsieur Pinpin, il pète la gueule à Malicroix, et ça, c’est quelque chose.

Kléber, 17 ans, doit trouver sa place entre Simple, dont le quotidien se résume à jouer avec ses playmobil et échafauder mille bêtises avec son lapin en peluche, et son père, appuyé par les services sociaux qui souhaiteraient que Simple retourne à Malicroix, l’institution où ce pauvre garçon a l’impression de mourir chaque fois qu’il y retourne. C’est que Simple, 22 ans, a en fait 3 ans d’âge mental, « 3 ans et demi dans ses bons jours » comme dit Kléber. ça ne facilite pas les choses.

L’histoire aurait pu sombrer dans un épouvantable pathos mais ce serait mal connaître Marie-Aude Murail. Au moment où la tragédie pointe le bout de son nez, Kléber a l’idée lumineuse de trouver un logement pour lui et son frère, en colocation. Les voilà partis chambouler la petite vie tranquille et égoïste de Corentin, Emmanuel, Aria et Enzo, tous étudiants à la fac. La cohabitation est parfois épique, les péripéties sont nombreuses, et puis en plus des études, il y a l’Amour, les filles et tout ça. Mais Simple n’est pas parfois pas si différent des autres colocs, c’est quand même pas facile de grandir, même si on a atteint la vingtaine.

Entre rires et émotions, Marie-Aude Murail nous concocte une belle histoire, comme à son habitude, qui parle d’un problème grave sur un ton léger, qui déborde de bons sentiments et qui vous laisse la larme à l’oeil mais le coeur content, la dernière page tournée.

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Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier

ma-cousine-rachel-daphnc3a9-du-maurierCela fait bien vingt ans que je n’avais pas relu Ma cousine Rachel. J’ai eu une période Daphné du Maurier, au cours de laquelle j’ai dévoré une grosse partie de ses oeuvres, des Oiseaux à Rebecca en passant par l’Auberge de la Jamaïque, le bouc émissaire, le Général du roi ou encore le Monde infernal de Branwell Brontë, les parasites, et d’autres. Curieusement, avec le recul, je considère ses romances comme les les oeuvres les moins réussies ou en tout cas les moins abouties de sa production littéraire, mais j’y reviendrai.

Si je me suis décidée à relire Ma cousine Rachel c’est parce que la nouvelle adaptation ciné doit sortir en septembre prochain. La bande-annonce m’a plu et surtout le casting réunit deux acteurs que j’aime beaucoup : Rachel Weiz et Sam Claflin.

C’est donc d’humeur plutôt guillerette que je me suis lancée dans cette relecture d’un roman qui m’avait, à l’époque, laissé un bon souvenir.

Hélas, je le dis tout net, il y a des romans que l’on ne devrait pas relire au terme d’une période aussi considérable… Pour résumer très brièvement l’histoire, il s’agit d’une histoire d’amour quelque peu compliquée et ténébreuse : un jeune homme habitant un grand domaine en Cornouailles s’éprend de la veuve de son cousin, une femme qu’il soupçonne pourtant d’avoir causé la mort de son parent adoré. Après la mort suspecte d’Ambroise, la belle comtesse italienne débarque donc dans cette Angleterre brumeuse où elle sera confrontée au désir de vengeance du jeune et naïf Philip, héritier du domaine. La question qui se pose très vite au lecteur et à laquelle Daphné du Maurier ne répond absolument pas à la fin du roman, est : Rachel est-elle une incorrigible veuve noire, décidée à assurer son confort matériel en tuant ses amants, ou est-elle la victime d’hommes excessifs qui ne savent pas l’aimer et lui font porter le poids de leurs fantasmes ?

Si Philip est digne d’intérêt au début du récit, grand dadais de 25 ans qui ne connait rien du monde à part son château, et qui s’appuie sur les lettres alarmantes de son défunt cousin pour nourrir son animosité envers Rachel, il devient très vite, hélas, insupportable (et là, on se dit que qu’être élevé de manière aussi excentrique, à l’écart du monde et de ses semblables, ce n’est pas une bonne idée finalement…). Je peux comprendre, dans une certaine mesure, qu’il développe assez rapidement une passion pour cette belle femme dont la vie et les déboires peuvent inspirer de la compassion, j’ai moins admis en revanche qu’il balaie tout aussi rapidement les soupçons de son cousin Ambroise, lequel, dans ses dernières lettres, se persuadait que sa femme étaient en train de l’empoisonner ! Ce n’est quand même pas rien ! Pire encore, Philip se révèle d’une stupidité et d’un égoïsme navrant : le parfait pigeon que n’importe quelle femme, même possédant des scrupules, aurait envie de plumer ! Bref, au long de cette lecture un peu laborieuse, j’ai regardé ce pauvre garçon s’enferrer au fil des pages sans songer à le plaindre un seul instant. La passion amoureuse rend non seulement idiot mais aussi violent et injuste. Si bien que j’ai fini par m’attacher au destin de Rachel, seul personnage réellement intéressant du roman.

Je me suis demandée si Daphné du Maurier avait autant d’attachement pour son héroïne, car non seulement le doute n’est pas levé à la fin du roman, mais tout le récit se déroule uniquement du point de vue de Philip, vision donc partiale des événements.

En définitive, c’est une histoire qui m’a plutôt agacée et que j’ai relu dans un état d’esprit complètement différent qui a été quelque préjudiciable au roman. Ce n’est pas pour autant que je n’irai pas voir le film, au contraire, je suis curieuse de voir ce que Rachel Weiz fera de son personnage et quel sera le parti pris du réalisateur.

 

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