Simple de Marie-Aude Murail

Monsieur Pinpin, c’est la star de ce roman, c’est donc bien normal qu’il figure seul sur la couverture. « Simple sans monsieur Pinpin, c’était comme monsieur Pinpin sans Simple : la fin de tout ». Ce n’est pas que monsieur Pinpin soit le seul ami de Simple, non, mais c’est quand même bien pratique d’avoir une peluche prête à endosser toutes les bêtises qui vous passent par la tête. Mais surtout, monsieur Pinpin, il pète la gueule à Malicroix, et ça, c’est quelque chose.

Kléber, 17 ans, doit trouver sa place entre Simple, dont le quotidien se résume à jouer avec ses playmobil et échafauder mille bêtises avec son lapin en peluche, et son père, appuyé par les services sociaux qui souhaiteraient que Simple retourne à Malicroix, l’institution où ce pauvre garçon a l’impression de mourir chaque fois qu’il y retourne. C’est que Simple, 22 ans, a en fait 3 ans d’âge mental, « 3 ans et demi dans ses bons jours » comme dit Kléber. ça ne facilite pas les choses.

L’histoire aurait pu sombrer dans un épouvantable pathos mais ce serait mal connaître Marie-Aude Murail. Au moment où la tragédie pointe le bout de son nez, Kléber a l’idée lumineuse de trouver un logement pour lui et son frère, en colocation. Les voilà partis chambouler la petite vie tranquille et égoïste de Corentin, Emmanuel, Aria et Enzo, tous étudiants à la fac. La cohabitation est parfois épique, les péripéties sont nombreuses, et puis en plus des études, il y a l’Amour, les filles et tout ça. Mais Simple n’est pas parfois pas si différent des autres colocs, c’est quand même pas facile de grandir, même si on a atteint la vingtaine.

Entre rires et émotions, Marie-Aude Murail nous concocte une belle histoire, comme à son habitude, qui parle d’un problème grave sur un ton léger, qui déborde de bons sentiments et qui vous laisse la larme à l’oeil mais le coeur content, la dernière page tournée.

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Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier

ma-cousine-rachel-daphnc3a9-du-maurierCela fait bien vingt ans que je n’avais pas relu Ma cousine Rachel. J’ai eu une période Daphné du Maurier, au cours de laquelle j’ai dévoré une grosse partie de ses oeuvres, des Oiseaux à Rebecca en passant par l’Auberge de la Jamaïque, le bouc émissaire, le Général du roi ou encore le Monde infernal de Branwell Brontë, les parasites, et d’autres. Curieusement, avec le recul, je considère ses romances comme les les oeuvres les moins réussies ou en tout cas les moins abouties de sa production littéraire, mais j’y reviendrai.

Si je me suis décidée à relire Ma cousine Rachel c’est parce que la nouvelle adaptation ciné doit sortir en septembre prochain. La bande-annonce m’a plu et surtout le casting réunit deux acteurs que j’aime beaucoup : Rachel Weiz et Sam Claflin.

C’est donc d’humeur plutôt guillerette que je me suis lancée dans cette relecture d’un roman qui m’avait, à l’époque, laissé un bon souvenir.

Hélas, je le dis tout net, il y a des romans que l’on ne devrait pas relire au terme d’une période aussi considérable… Pour résumer très brièvement l’histoire, il s’agit d’une histoire d’amour quelque peu compliquée et ténébreuse : un jeune homme habitant un grand domaine en Cornouailles s’éprend de la veuve de son cousin, une femme qu’il soupçonne pourtant d’avoir causé la mort de son parent adoré. Après la mort suspecte d’Ambroise, la belle comtesse italienne débarque donc dans cette Angleterre brumeuse où elle sera confrontée au désir de vengeance du jeune et naïf Philip, héritier du domaine. La question qui se pose très vite au lecteur et à laquelle Daphné du Maurier ne répond absolument pas à la fin du roman, est : Rachel est-elle une incorrigible veuve noire, décidée à assurer son confort matériel en tuant ses amants, ou est-elle la victime d’hommes excessifs qui ne savent pas l’aimer et lui font porter le poids de leurs fantasmes ?

Si Philip est digne d’intérêt au début du récit, grand dadais de 25 ans qui ne connait rien du monde à part son château, et qui s’appuie sur les lettres alarmantes de son défunt cousin pour nourrir son animosité envers Rachel, il devient très vite, hélas, insupportable (et là, on se dit que qu’être élevé de manière aussi excentrique, à l’écart du monde et de ses semblables, ce n’est pas une bonne idée finalement…). Je peux comprendre, dans une certaine mesure, qu’il développe assez rapidement une passion pour cette belle femme dont la vie et les déboires peuvent inspirer de la compassion, j’ai moins admis en revanche qu’il balaie tout aussi rapidement les soupçons de son cousin Ambroise, lequel, dans ses dernières lettres, se persuadait que sa femme étaient en train de l’empoisonner ! Ce n’est quand même pas rien ! Pire encore, Philip se révèle d’une stupidité et d’un égoïsme navrant : le parfait pigeon que n’importe quelle femme, même possédant des scrupules, aurait envie de plumer ! Bref, au long de cette lecture un peu laborieuse, j’ai regardé ce pauvre garçon s’enferrer au fil des pages sans songer à le plaindre un seul instant. La passion amoureuse rend non seulement idiot mais aussi violent et injuste. Si bien que j’ai fini par m’attacher au destin de Rachel, seul personnage réellement intéressant du roman.

Je me suis demandée si Daphné du Maurier avait autant d’attachement pour son héroïne, car non seulement le doute n’est pas levé à la fin du roman, mais tout le récit se déroule uniquement du point de vue de Philip, vision donc partiale des événements.

En définitive, c’est une histoire qui m’a plutôt agacée et que j’ai relu dans un état d’esprit complètement différent qui a été quelque préjudiciable au roman. Ce n’est pas pour autant que je n’irai pas voir le film, au contraire, je suis curieuse de voir ce que Rachel Weiz fera de son personnage et quel sera le parti pris du réalisateur.

 

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Comme un conte de Graham Joyce

Voilà un roman qui a failli être un coup de coeur. Failli seulement….

Repéré dans le catalogue Bragelonne, et auréolé de quelques prix non négligeables (Imaginales 2015, British fantasy award 2013…),  le roman de Joyce avait piqué ma curiosité car le récit me rappelait évidemment la légende de Thomas le Rimeur. Ici, c’est une jeune fille qui, disparue pendant 20 ans, se présente dans sa famille un soir de Noël. On peut imaginer le choc subi par les parents et son frère aîné, d’autant que Tara, notre héroïne, est bien troublante. Son apparence physique a très peu changé et son absence repose sur une histoire à dormir debout : elle aurait été retenue dans le monde des fées durant toutes ces années !

Une histoire bien originale comme je les aime qui met donc en scène une famille anéantie par le retour de Tara et qui tente de retrouver un sens à cette tragédie, chacun à sa façon, tout en livrant quelques secrets sur le monde féérique. Si le frère de Tara, buté et rancunier,  Peter, refuse de croire sa soeur, au point de lui payer des consultations chez un drôle de psy, il n’en va pas de même pour Ritchie, l’ex-petit ami, looser attachant, dont les retrouvailles avec Tara sont douloureuses.

C’est bien le personnage le plus sympathique de ce récit, celui qui m’aura le plus touchée en tout cas, avec, peut-être, Jack, le neveu de Tara, lancé bien malgré lui dans un quête pour racheter une mauvaise action.

Ritchie apporte chaleur et humanité en opposition à Tara, lointaine, énigmatique et inaccessible. Tandem pourtant attachant et j’avoue avoir été tour à tour triste et heureuse pour ces deux-là. Le récit est plein de délicatesse et non dénué de poésie, et puis il pousse à réfléchir, encore et encore, sur le pouvoir de notre imagination, sur notre tolérance à accepter la présence du Petit Peuple à nos côtés, que cette vie soit réelle ou rêvée.

Bref, tout aurait été parfait jusqu’à l’incursion de Tara chez les fées ou elfes, bien qu’ils n’aiment pas qu’on les nomme ainsi… Bon sang, mais qu’est-ce que c’est que cette communauté hippie dont les membres ont pour unique passe-temps de forniquer de toutes les manières possibles !! Au secours ! Quelque peu choquée d’abord par la vulgarité des propos qui tranche singulièrement avec le ton de l’ouvrage, je me suis surprise à rire face au ridicule achevé de certaines situations : le passage du lac vaut son pesant de cacahuètes, croyez-moi ! Adieu mystère, poésie et onirisme, Joyce choisit le trivial pour… quoi, au juste ? Démontrer que Tolkien avait tout faux ? Que les Elfes sont de parfaits païens qu’il ne fait pas bon fréquenter ? Je ne sais absolument pas quel message l’auteur a voulu faire passer, mais ce que je sais, c’est que sa vision des fées est la faute de goût  qui m’a poussée à classer ce roman parmi les livres très sympas, plutôt que le chef-d’oeuvre inoubliable qu’il aurait pu être… C’est dommage mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier tout de même Comme un conte, tout en regrettant le potentiel gâché.

Par curiosité, je ne renoncerai pas pour autant à lire un second roman de cette écrivain, si quelqu’un à un titre à me conseiller, je suis preneuse.

 

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La peste écarlate de Jack London

J’ai lu ce récit post-apocalyptique, publié en 1912, quelques semaines après avoir lu et vu (une lecture instrumentale fort réussie) Construire un feu du même auteur et qui m’avait laissé un goût amer.

La peste écarlate m’a fait songer à Ravages de Barjavel, entre autres. Mais aussi à un passage particulier de la cartographie des nuages, « La croisée d’Sloosha pis tout c’qu’ a suivi » et je me demande si Mitchell n’aurait pas pensé à la Peste écarlate… Le postulat de départ est en effet similaire : un événement global et tragique, ici une terrifiante maladie qui se propage à la vitesse de l’éclair, manque d’annihiler complètement l’humanité. Une poignée de survivants s’organise après le désastre, et tente de se réadapter dans un monde qui a changé, où la nature a repris ses droits. Et là, boum, le choc. Adieu civilisation, l’homme redevient une créature primitive qui aspire d’abord à satisfaire ses besoins naturels, manger, se reproduire. Tout comme dans Ravages, les femmes sont reléguées au rôle de reproductrice, et la nature frustre et sauvage des hommes a repris le dessus. Pour mieux saisir cet affreux retour en arrière, London a choisi comme narrateur un intellectuel, ex-universitaire, qui tente d’enseigner les rudiments de la civilisation à son clan, tout en constatant, impuissant, que l’homme est bien prompt à oublier la Connaissance et le Savoir, et préfère dominer et asservir; Eternel recommencement…. certes, beaucoup d’autres auteurs tiennent le même propos, à ceux cités plus haut, j’ajouterai encore Cormac MacCarthy et La route, mais rappelons-nous ce que récit a été écrit par Jack London, lequel ne nous a jamais habitué à ce type de romans. Et pourtant, si on examine son oeuvre, on peut déceler en filigrane le constat accablant et amer de l’écrivain sur ses semblables. Principalement dans des oeuvres apparemment bien éloignées de ce genre littéraire. De Michaël chien de cirque à L’appel de la forêt en passant par Construire un feu, les portraits d’hommes esquissés par London se révèlent être tous semblables. Vivre est un combat de tous les instants, contre soi-même mais surtout contre tout ce qui est jugé inférieur (animaux, peuplades lointaines) et la nature toujours étonnamment hostile et cruelle.

Dans le recueil publié aux éditions Phébus, la Peste écarlate est suivie de quelques nouvelles toutes plus déprimantes les unes que les autres; mention spéciale au Dieu rouge (écrit quelques mois avant sa mort) qui m’a causé un vrai malaise; Mille morts m’a fait songer à l’île du Dr Moreau et Qui croit encore aux fantômes n’est pas sans lien avec l’univers d’Edgar Poe. Ces récits révèlent en tout cas l’état d’esprit d’un écrivain qui, à la fin de sa vie, avait sans doute fini par accepter que l’homme est définitivement faible et faillible, toujours enclin à répéter les mêmes erreurs, sans cependant renoncer à l’espoir d’un changement. Un roman qui n’a pas pris une ride en tout cas, et c’est bien ce qui me trouble le plus….

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Avant toi de Jojo Moyes

Je vais parler d’un roman qui, bien que populaire dans sa catégorie, va détonner quelque peu sur mon blog. Autant j’aime voir des comédies romantiques au ciné, voire même des mélos (encore que je ne me souviens pas avoir vu un vrai mélo depuis Love story avec Ali McGraw et Ryan O’Neal, imaginez comme ça date !!!) autant je les déteste en littérature car souvent mal écrits ou mal traduits et bourrés de clichés. Des clichés qui passent mieux à l‘écran pour peu que l’acteur principal me plaise suffisamment (oui, j’avoue).

Ce long détour pour vous dire que, à priori, rien ne me prédisposait à lire Avant toi de Jojo Moyes.
Mais vous connaissez les petits hasards de la vie… on me passe il y a quelques jours une très belle chanson affreusement triste qui m’émeut fort, en me disant qu’elle fait partie de la bande-son du film Before you, lui-même adapté d’un roman. Curieuse, je visionne donc la bande-annonce. Laquelle me plait instantanément. Je pense évidemment à une version d’Intouchables teintée de romantisme, et je me dis « pourquoi pas ». Ensuite, je vais lire sur Babelio les avis sur le roman, presque tous unanimes d’ailleurs. Mais c’est celui de Gwen21 qui a fait tilt. Un tel enthousiasme teinté d’émotion, surtout de sa part, a soulevé plus que de la curiosité.

Et donc, sans plus hésiter, j’ai filé acheter le roman en poche.

Que dire à part que c’est un gros, gros coup de cœur ? Je crois bien que j’ai dû sangloter pendant une bonne partie de ma lecture, d’ailleurs j’ai lu le roman d’une traite, au cours de la nuit. Le matin je suis arrivée au bureau avec le moral en berne et des yeux explosés, c’était joli à voir !

Le personnage de Will, le jeune homme tétraplégique m’a bien sûr énormément touchée, de même que celui de la pétillante aide-soignante, Lou, aux tenues improbables et à la bonne humeur contagieuse. Nos deux héros bataillent chacun à leur façon contre un destin tout tracé, et on pourrait se dire que le roman n’est pas exempt de ces fameux clichés : le type hyper-brillant et sportif, riche, désormais coincé dans son fauteuil roulant, qui, devenu aigri et sarcastique, mène la vie dure à la pauvre Lou, celle qui fait partie des « invisibles », issue d’un milieu bien modeste, ne sachant pas quoi faire de sa vie et allant de petit boulot en petit boulot. Il est cultivé, elle n’a jamais bougé de sa ville natale, ils vont se découvrir et s’aider, se compléter.

Mais le roman est tellement plus intelligent que ça… Jojo Moyes, par petites touches, nous conte bien des choses, met le doigt où ça fait mal, évoque aussi un problème de société tabou qui déchaine bien des passions – le droit de disposer de sa vie et de choisir sa mort et de la faire accepter par ses proches – de manière sensible et délicate. A travers les yeux de Lou, on se rend compte de la difficulté à vivre au jour le jour quand on est handicapé, tant de lieux encore non adaptés et forcément inaccessibles, les petites aspérités du quotidien, les rapports aux autres, l’incapacité à communiquer nos émotions, le sentiment de culpabilité qui demeure tenace et qui occasionne tant de maladresses, la dépendance enfin, l’absence de choix et les petites misères du corps qui lâche peu à peu. Pas bien gai tout ça, je sais.

Je l’ai aimé ce roman, il m’a serré le cœur et pris aux tripes bien souvent mais il n’y a pas eu que des larmes non plus, heureusement. Beaucoup de situations prêtent à sourire, les échanges entre Will et Lou sont souvent savoureux, et leur histoire d’amour met du baume au coeur. Les personnages secondaires, que ce soit les parents de Will ou Lou, Patrick le fiancé obsédé par le sport, ou Nathan, le solide infirmier qui partage le quotidien de Will, permettent aussi de donner plus d’ampleur au récit et de respirer entre deux scènes trop chargées d’émotion.
Je m’aperçois que c’est un billet bien décousu mais il a été écrit alors même que les toutes les émotions nées de cette lecture ne se sont pas encore dissipées. Une très belle histoire qui me restera longtemps en mémoire.

PS : Puisque j’étais disposée à verser quelques larmes supplémentaires (et évidemment ça n’a pas manqué !), j’ai vu le film dans la foulée, après quelques hésitations.  Et bien m’en a pris. Sam Claflin et Emilia Clarke incarnent parfaitement les personnages du roman, et même si le film, durée oblige, passe sous silence pas mal de scènes, l’essentiel demeure. Double ration de mouchoirs à prévoir pour ceux ou celles qui veulent se faire la totale !

 

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Séjour à Lanzarote en mars

J’avais choisi Lanzarote, qui fait partie de l’archipel des Canaries, pour plusieurs raisons : d’abord, parce que c’est une île, et que je les aime, les îles, de Houat à la Corse en passant par les Baléares et les Shetlands, j’ai un faible en tout cas pour les îles européennes. Puis j’avais envie de soleil, je l’avoue. 20° tous les jours, du soleil et beaucoup de vent, c’était parfait (enfin peut-être pas le vent…). J’avais également envie de paysage singulier et avec cette île volcanique, j’ai été gâtée. Enfin, cerise sur le gâteau, Lanzarote est classée « réserve de la biosphère » de l’UNESCO.

Quelques petites considérations pratiques avant de parler de l’île : durée du vol 3h00, 1 heure de décalage avec la France, langues parlées : l’espagnol bien évidemment, l’anglais (mais pas par tous les professionnels du tourisme) et le français est quelque peu boudé, il faut le savoir. Néanmoins, si vous faites l’effort de parler l’espagnol – ce qui est bien la moindre des choses – les gens vous réservent un accueil charmant. Pour ma part, j’avais révisé les bases avant le départ (mon espagnol est scolaire) et si je sais m’exprimer sans trop de difficultés, il m’est difficile en revanche de comprendre tout ce que dit mon interlocuteur s’il ne daigne pas parler lent-te-ment… Non, les gens qui sont insupportables en fait ce sont les touristes 🙂

Petites particularités : quand on est végétarienne comme moi, se nourrir est plutôt facile. A Playa Blanca, on a même trouvé un restau proposant une succulente paëlla végétarienne. Quand on est vegan, c’est plus compliqué. Heureusement, à l’hôtel on pouvait trouver du lait de soja le matin, pour accompagner les céréales. Hors de l’hôtel, dans les restaurants, difficile d’éviter le fromage dans les plats. Et enfin, si on veut manger bio, et bien il faut carrément oublier !

Ci-dessous, photo de la piscine de notre hôtel. Piscine remplie avec l’eau de l’océan, donc pas de gâchis. Mais la température n’excédait pas 18° à cette époque de l’année, c’était donc pour les courageux !

photo : folfaerie

Mais revenons à Lanzarote, île qui possède plus d’une centaine de volcans et qui se caractérise par un paysage minéral dont les couleurs oscillent entre le noir et l’ocre, en passant par une toute nuance de bruns. Lanzarote tient plus du désert que de l’île exotique. La grande majorité des petites villes, toutes de blanc vêtues et donc toutes fort semblables, se concentrent essentiellement sur la côte. Elles peuvent paraitre monotones mais cela évite aussi bien les excentricités architecturales que les laides constructions bétonnées réservées aux touristes.

L’intérieur de l’île réserve tout de même quelques belles surprises, dont le superbe parc national des volcans qu’on ne visite qu’en car (durée : 50 mn après avoir fait une très longue queue…). Ceci dit, en mars, le nombre de touristes est encore raisonnable et puis il faut aller visiter le matin, pendant que les gens préfèrent faire la grasse matinée.

Je n’ai pas échappé aux principaux lieux touristiques, et si certains, trop aménagés, peuvent être évités, d’autres valent le détour.
Je commence par Los jameos del agua, qui permet d’avoir un aperçu des célèbres bulles volcaniques, phénomène curieux et très intéressant. Ces bulles sont composées de grottes et surtout d’un très long rouleau de lave appelé tunnel de l’Atlantique, et accessible par los jameos. On y trouve une colonie de crabes albinos aveugles devenus symboles de ce lieu. C’est une visite dont peut aisément se passer, ceci dit.
J’avoue avoir préféré la cueva de los verdes, autre tronçon de ce rouleau de lave (et autre site payant – je recommande d’ailleurs d’acheter le pass, plus économique, comprenant 3 ou 4, au choix, visites des lieux incontournables à visiter) qui a servi, autrefois, de cachette aux habitants désireux d’échapper aux pirates. C’est superbe et cette merveille minéralogique vous réserve une surprise de taille.

J’ai également beaucoup aimé le mode de vie, le rythme lent imposé par le caractère insulaire : petite autoroute, vitesse limitée à 80 km/h, pratiquement pas de poids lourds, et beaucoup, beaucoup de cyclistes… D’ailleurs, avec le recul, je recommanderai Lanzarote aux amateurs de vélo plutôt qu’aux marcheurs.

Les arbres et les animaux m’ont manqué. il y a beaucoup de chats sur cette ile, de moineaux et de tourterelles turques. J’ai croisé 2 chèvres en une semaine et j’ai, bien entendu, évité la promenade à dos de dromadaire dans le parc des volcans, préférant laisser ces pauvres bêtes tranquilles. Dans un pareil paysage, le dromadaire ne détonne pas du tout.

Mais n’allez pas croire que l’île est dépourvue de végétation ! cactus et aloe vera sont aisément identifiables, ai,si que les palmiers bien sûr. J’en profite pour signaler l’existence d’une plantation d’aloe vera bio que j’ai visitée. Après les restaurants, en nombre impressionnant, les boutiques de vente d’aloe sont les commerces que l’on rencontre le plus fréquemment.

Enfin, je terminera par la plage et l’océan, car même si je ne me suis pas baignée car trop frileuse, j’ai apprécié pleinement le bruit des vagues et l’odeur des embruns…

Au final, un charmant séjour où on peut goûter la paix et le calme à cette époque de l’année, et qui dépayse réellement.

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Enfin, les vacances !

Dans 4 jours je serai là :

Entre une sieste sur la plage et la rando quotidienne prévue, je prendrai quand même le temps de lire… Evidemment, vous aurez droit aux extraits de mon journal de voyage au retour :-))

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Yucca mountain de John d’Agata

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J’avais écrit un article pour une ONG en 2008, sur la bagarre qui opposait à l’époque les Shoshones à l’administration Bush quant à la création d’un site de stockage des déchets radioactifs… au sein d’une montagne, pas loin de Las Vegas : Yucca Mountain.
Quelques années plus tard, John d’Agata s’empare du sujet (c’est une chronique de Fabrice Colin qui m’a remise sur la piste de Yucca…) pour nous présenter un drôle de livre, à mi-chemin entre le roman, l’essai et le documentaire. le point de départ est un déménagement à Las Vegas pour la mère de l’auteur, à l’arrivée, ce dernier s’interroge sur le suicide d’un jeune homme. Entre les deux, des pages parfois délirantes consacrées à un projet de fous, démesuré, né du cerveau d’une Amérique détraquée, ne connaissant pratiquement plus de freins ni de limites. Projet mortifère conté sur un mode presque humoristique, oscillant entre l’absurde et le tragique. Pour les amateurs, on y croisera un portrait peu flatteur d’Edward Abbey et une anecdote mélancolique sur Edward Munch dont le Cri orne si symboliquement la couverture de l’édition française. Un récit peu banal qui transperce le coeur et laisse autant mélancolique que sonné. Pour information, le projet a été abandonné il y a peu… il risque fort de ressurgir, sous une autre forme, car il semble bien qu’avec le nouveau président américain, folie et démesure ne soient pas près de disparaître…

photo : bsnorrell.blogspot.com

photo : bsnorrell.blogspot.com

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Un éléphant dans un jeu de quilles de Robert Barbault

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Coup de coeur pour cet ouvrage du regretté Robert Barbault dont les bouquins ont contribué enrichir mes connaissances en écologie au fil des années. L’éléphant du titre, c’est homo sapiens, on s’en doute, lui qui a décidé de se prendre pour un dieu de seconde zone et bouleverse tout ce qu’il touche, tout ce qu’il côtoie, balayant d’un revers de main des centaines d’années de coopération avec les autres espèces.
Ce qui est assez fortiche, c’est qu’en moins de 300 pages, l’auteur nous redonne un cours d’écologie bourré d’exemples assez frappants et révélateurs (un exemple parmi d’autres, l’introduction de la peste bovine en Afrique) et nous rafraichit la mémoire sur la sélection génétique, les interactions entre espèces et écosystèmes, et surtout la coopération qui lui tient à coeur. Tout l’intéresse, du microbe à l’éléphant d’Afrique !
Bon nombre d’anecdotes m’ont passionnée, et ce n’est pas si difficile d’appréhender des notions scientifiques expliquées avec humour.
C’est aussi un bel outil de réflexion.
Durant les deux premières parties du livre, on suit avec intérêt les astuces et stratagèmes inventés par la Nature pour résister et s’adapter, en un mot survivre. L’ingéniosité de certaines espèces, quelles soient animales ou végétales, laisse pantois !
Et boum ! La troisième partie : « Vivre contre… ou avec la nature » sape singulièrement le moral. L’espèce humaine arrive avec ses gros sabots et son envie de tout maîtriser et dominer. Adieu équilibres millénaires, associations fructueuses, la sixième extinction de masse est en cours, le dérèglement climatique est largement amorcé et nous sommes quand même bien coincés, il faut l’avouer. Comme tant d’autres auteurs et scientifiques, Barbault clôt son ouvrage par une note optimiste, non tout n’est pas complètement perdu, à moins d’un sursaut et d’un rude combat… contre nous-mêmes. Réconcilier l’homme avec la nature… un beau projet mais, comme je me le demande toujours, pourra-t-il réalisé, avec quelles forces ? avant que nous ne détruisions irrémédiablement ce qui nous fait encore tenir debout…

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Connaître, comprendre et protéger la forêt de Léon Mathot

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Au sein du catalogue de l’Institut pour le développement forestier, vous allez trouver beaucoup d’ouvrages techniques destinés aux forestiers et fatalement peu compréhensibles pour l’amoureux des forêts, l’accent étant toujours mis sur la production de bois. Mais dans ce catalogue spécialisé, on trouve aussi des ouvrages très accessibles et davantage tournés vers l’écologie, comme celui que je vous présente aujourd’hui.

Une petite anecdote pour commencer : fin janvier, j’animais un débat sur le retour de la nature sauvage, dans une bibliothèque, et la discussion a porté logiquement sur la forêt, à un moment de l’animation. Je me suis aperçue de la méconnaissance flagrante des gens sur le sujet. Au mieux la forêt est un élément du paysage, mais attention, ce milieu « fermé » ne doit pas être trop présent, au pire, c’est un réservoir à bêtes sauvages qui va provoquer la disparition de la prairie, du bocage et… de l’homme ! Ah oui, carrément. On devine bien sous les propos un peu outranciers la vieille peur ancestrale de la forêt.

Donc, disais-je, je me rend compte de l’ignorance abyssale de monsieur et madame tout le monde sur l’écologie de la forêt. Inutile de rentrer dans un débat sur l’éducation et les programmes scolaires, on peut, fort heureusement, et à tout âge, combler cette lacune pour peu que l’on en ait envie.

En 168 pages, l’auteur fait le tour des connaissances actuelles sur la forêt, et rappelle les innombrables services rendus par l’écosystème forestier : il nous procure du bois pour nous chauffer mais assure aussi une bonne qualité de l’eau, de l’air, joue un rôle de rempart contre le dérèglement climatique, protèges les sols de l’érosion, abrite un grand nombre d’espèces animales et végétales. Enfin, ce n’est pas mentionné mais je le rappelle, la forêt nourrit notre imaginaire…

A l’aide de schémas et de dessins, Léon Mathot explique le fonctionnement des arbres, le rôle des insectes ou des champignons, démontrent les interactions entre espèces, de manière claire et simple. Il se pique même d’égratigner les pratiques de chasse !

Un bon ouvrage, très accessible, que je conseille absolument, et qui peut même être très utile aux étudiants.

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