L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

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Si j’avais souffert avec American gods, ce n’est pas du tout le cas avec ce joli récit fantastique destiné de prime abord à la jeunesse, et qui a reçu le prix Hugo 2009 du meilleur roman.

Quand je dis « joli », c’est une façon de parler puisque cette curieuse histoire débute avec  le massacre d’une famille dont réchappe seulement un bambin. L’enfant se réfugie dans le cimetière voisin où il va être littéralement adopté par les fantômes, et notamment le couple Owens.

Les premières pages m’ont immanquablement évoqué l’univers de Tim Burton, je trouve que la filiation entre Burton et Gaiman est évidente. Je m’étais déjà fait la réflexion avec Coraline. Mais les références de Gaiman sont aussi littéraires, c’est un hommage à peine déguisé à Dickens et Kipling. Cela devrait donner envie de relire ces piliers de la littérature anglaise.

Nobody, le bien nommé, va se recomposer une famille, se faire des amis (le personnage de Silas, ni vivant ni mort, est sans conteste l’un des plus intrigants) mais surtout, va devoir se garder du meurtrier des membres de sa famille, surnommé Jack, toujours à sa recherche.

Dans une ambiance macabre et poétique, le jeune Nobody Owens entraîne le lecteur dans son sillage, au cours de ses années d’apprentissage ponctuées d’aventures parfois dramatiques, souvent drôles et même touchantes. Les morts ont plus d’épaisseur que les vivants, qui sont d’une certaine manière, moins intéressants et « humains » que les trépassés. On s’attache sans peine à ces figures singulières, issues du folklore occidental.

Faut-il en déduire que le monde des vivants est bien plus dangereux, noir et cruel que le royaume des morts ? Possible. Mais le talent de Gaiman consiste aussi à brouiller les pistes et rendre poreuses les frontières entre ces deux extrêmes. Nobody Owens est pour le moins un héros tout à fait original, et je gage que vous regarderez désormais les vieux cimetières pleins de tombes moussues d’un autre oeil.

– Ils se tuent, tu veux dire?
Bod avait une huitaine d’années, les yeux curieux et bien ouverts, et il n’était pas idiot.
– Absolument.
-Et ça marche? Ils sont plus heureux une fois morts?
– Parfois. La plupart du temps, non. C’est comme les gens qui s’imaginent qu’ils seront plus heureux en allant vivre ailleurs, mais qui apprennent que ça ne marche pas comme ça. Où que l’on aille, on s’emmène avec soi. Si tu vois ce que je veux dire.

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