Comme un conte de Graham Joyce

Voilà un roman qui a failli être un coup de coeur. Failli seulement….

Repéré dans le catalogue Bragelonne, et auréolé de quelques prix non négligeables (Imaginales 2015, British fantasy award 2013…),  le roman de Joyce avait piqué ma curiosité car le récit me rappelait évidemment la légende de Thomas le Rimeur. Ici, c’est une jeune fille qui, disparue pendant 20 ans, se présente dans sa famille un soir de Noël. On peut imaginer le choc subi par les parents et son frère aîné, d’autant que Tara, notre héroïne, est bien troublante. Son apparence physique a très peu changé et son absence repose sur une histoire à dormir debout : elle aurait été retenue dans le monde des fées durant toutes ces années !

Une histoire bien originale comme je les aime qui met donc en scène une famille anéantie par le retour de Tara et qui tente de retrouver un sens à cette tragédie, chacun à sa façon, tout en livrant quelques secrets sur le monde féérique. Si le frère de Tara, buté et rancunier,  Peter, refuse de croire sa soeur, au point de lui payer des consultations chez un drôle de psy, il n’en va pas de même pour Ritchie, l’ex-petit ami, looser attachant, dont les retrouvailles avec Tara sont douloureuses.

C’est bien le personnage le plus sympathique de ce récit, celui qui m’aura le plus touchée en tout cas, avec, peut-être, Jack, le neveu de Tara, lancé bien malgré lui dans un quête pour racheter une mauvaise action.

Ritchie apporte chaleur et humanité en opposition à Tara, lointaine, énigmatique et inaccessible. Tandem pourtant attachant et j’avoue avoir été tour à tour triste et heureuse pour ces deux-là. Le récit est plein de délicatesse et non dénué de poésie, et puis il pousse à réfléchir, encore et encore, sur le pouvoir de notre imagination, sur notre tolérance à accepter la présence du Petit Peuple à nos côtés, que cette vie soit réelle ou rêvée.

Bref, tout aurait été parfait jusqu’à l’incursion de Tara chez les fées ou elfes, bien qu’ils n’aiment pas qu’on les nomme ainsi… Bon sang, mais qu’est-ce que c’est que cette communauté hippie dont les membres ont pour unique passe-temps de forniquer de toutes les manières possibles !! Au secours ! Quelque peu choquée d’abord par la vulgarité des propos qui tranche singulièrement avec le ton de l’ouvrage, je me suis surprise à rire face au ridicule achevé de certaines situations : le passage du lac vaut son pesant de cacahuètes, croyez-moi ! Adieu mystère, poésie et onirisme, Joyce choisit le trivial pour… quoi, au juste ? Démontrer que Tolkien avait tout faux ? Que les Elfes sont de parfaits païens qu’il ne fait pas bon fréquenter ? Je ne sais absolument pas quel message l’auteur a voulu faire passer, mais ce que je sais, c’est que sa vision des fées est la faute de goût  qui m’a poussée à classer ce roman parmi les livres très sympas, plutôt que le chef-d’oeuvre inoubliable qu’il aurait pu être… C’est dommage mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier tout de même Comme un conte, tout en regrettant le potentiel gâché.

Par curiosité, je ne renoncerai pas pour autant à lire un second roman de cette écrivain, si quelqu’un à un titre à me conseiller, je suis preneuse.

 

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